Côte d’Ivoire : six ans après la crise électorale, de jeunes réfugiés retrouvent leur famille

Réfugiés Ivoirien Liberia
Les réfugiés Ivoiriens vivant au Liberia peuvent enfin rentrer chez eux. © Reuters/Simon Akam, courtesy Trust.org – AlertNet

Actualité Côte d’Ivoire – La crise post-électorale a causé la mort de plus de 300 personnes et le déplacement de la population vers les pays voisins tels que la Guinée, le Ghana ou encore le Liberia. Près de 58.000 personnes ont décidé de partir pour échapper aux tirs, près de 20.000 ont trouvé refuge au Liberia. Depuis l’année dernière, certains ont décidé de revenir maintenant que le pays a l’air plus stable. Avec l’aide du Comité International de la Croix-Rouge (CICR), des milliers de familles ont pu être réunis. 

Trois jeunes garçons partis il y a six ans au Liberia accompagnés de leur défunte sœur aînée sont de retour en Côte d’Ivoire. Émus, ils sont accueillis par toute leur famille, dont leur grand-père n’ayant pas pu s’enfuir pendant la crise pour des raisons de santé.

La crise électorale de 2011 s’est soldée par des déplacements accrus des populations

En 2011 après la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, plus de 58.000 Ivoiriens se sont réfugiés dans les pays voisins dont Libéria. Ce sont des victimes des persécutions politiques. À cette période, le pays était divisé entre les partisans d’Alassane Ouattara, président reconnu par l’ONU et les partisans de Laurent Gbagbo, président sortant. Pour fuir les violents échanges entre les deux camps, des enfants et vieillards ont marché plusieurs jours dans la forêt pour rejoindre le Libéria sans être vus. Ils ont été bien accueillis et nourris par les Libériens qui ont eux-mêmes vécu une telle situation dans la fin des années  1980.

C’est dans un camp à quelques kilomètres d’Old Loguato au Libéria que plusieurs Ivoiriens se sont réfugiés. Un camp peu commun, car au lieu de dormir dans des tentes comme habituellement, ils sont logés dans les maisons des villageois, à l’école et parfois sur une tente du Haut Commissaire pour les réfugiés (HCR). Pour aider les villageois, le HCR fournit des couvertures et des produits de première nécessité. En 2016, la question du retour en Côte d’Ivoire s’est posée, plus de 16.000 Ivoiriens réfugiés sont retournés dans leur pays. Certains réfugiés refusent de rentrer tant que Laurent Gbagbo est à la CPI par peur des représailles et de l’insécurité.

Des témoignages émouvants après un retour au bercail

Après six longues années de séparation, deux jeunes retrouvent leurs familles en Côte d’Ivoire. Conduits dans un véhicule de la Croix-Rouge internationale le 15 juin dernier, Hurbain Souomi et ses petits frères Thierry et Oscar sont partagés entre tristesse et joie.

Tristesse de laisser leur famille d’accueil au Libéria, et joie de retrouver leur famille en Côte d’Ivoire après tant d’années de séparation. « J’avais 5 ans quand on a quitté la Côte d’Ivoire. Ce jour-là, il y avait des coups de fusil un peu partout. Ma grande sœur nous a récupérés et on s’est enfuis pour le Libéria, ma grande sœur je ne sais plus ou elle est» raconte le jeune Hurbain.

Depuis 2011, plus de 300 enfants ont été retrouvés par leur parent grâce au CICR. Quatre opérations du même type ont été menées par l’organisme depuis le début de l’année. À leur arrivée, les enfants sont accueillis avec engouement avec des larmes de joie.

Un vieil homme entouré des sages du village les accueille en esquissant des pas de danse traditionnelle. « Je suis leur grand-père. Je manque de mots pour m’exprimer. Je me retrouve enfin face à mes petits-enfants. Souffrant à ce moment-là, je ne pouvais pas marcher une longue distance. À travers la Croix-Rouge, nous avons su qu’ils étaient dans un camp de réfugiés au Libéria. Malheureusement, leur sœur est morte au Liberia » explique-t-il. Pendant les conflits, il y a souvent des problèmes de séparation de famille, généralement c’est le CICR qui se charge de les réunir.

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