Cote d'Ivoire : Tuerie d’Arrah – des gendarmes poursuivis pour homicide volontaire

Soldats en faction (illustration)
Soldats en faction (illustration) © Sia KAMBOU / AFP

News Cote d’Ivoire – C’était samedi 27 mai dernier qu’un coup de froid s’est emparé d’Arrah, centre ville de la sous préfecture du département de Bongouanou. Les gendarmes, alertés par leurs collègues  après qu’un opérateur économique a été dépossédé de 32 millions de francs CFA à  Ndzanfouenou.  L’alerte surfait principalement sur le véhicule  4×4 dans lequel se trouvaient six employés d’une société de pompes funèbres venus d’Abidjan pour une prestation dans une cérémonie funéraire de la maman d’un gendarme, funeste coïncidence donc !

Malheureusement confondus aux braqueurs, N’to Kouamé, Glahou Alain, Taplehi Marc, Bio Guillaume Delon et Ke Patrice seront fusillés par les gendarmes alors qu’ils étaient sur le chemin du retour pour Abidjan. Cinq sont tués sur le champ. La sixième personne est une victime collatérale, alors qu’un des six employés pris d’assaut va réussir à s’échapper et téléphoner à leur employeur pour l’informer du drame en cours. L’enquête a été ouverte et les choses semblent aujourd’hui se fixer plus clairement sur une affaire qui tombait déjà dans le coup de la confusion.

Le Tribunal militaire planche sur un homicide volontaire

Un bon mois après cette tragédie, c’est ce mardi 27 juin 2017 que Ange Kessy Koualé, commissaire du gouvernement, a annoncé la fin de l’enquête et que les gendarmes auteurs de la fusillade mortelle seront poursuivis pour homicide volontaire : « L’enquête est terminée. Les 6 gendarmes sont déférés depuis 8h 30 minutes (CNDLR : ce mardi 27 juin 2017). Ils seront poursuivis pour homicide volontaire. »

En revanche, le même commissaire souligne un détail important selon lequel les vrais braqueurs étaient à pieds après avoir commis leur forfait. Et que par conséquent, les gendarmes ne peuvent prétendre avoir été dans le contexte d’une légitime défense. Le commissaire Kessy Kouamé fait remarquer à cet effet, qu’ « aucune des victimes n’avait une seule arme ». Enfin, le Tribunal militaire d’Abidjan qui compte ouvrir sa session ce jeudi 29 juin 2017, va plancher sur cette affaire parmi les 124 dossiers de près de 800 personnes à juger sur des faits de diverse nature, notamment escroquerie, rackets, bavures et crimes.

 

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