Crise politique en Gambie : 12 ambassadeurs limogés

Les 12 diplomates ont appelés le président Yahya Jammeh à reconnaitre sa défaite à la dernière élection présidentielle.

La crise politique en Gambie a connu un nouvel épisode avec le limogeage ce 9 janvier de 12 ambassadeurs qui ont récemment appelé le président Yahya Jammeh à se retirer au profit d’Adama Barrow. Ces diplomates qui ont adressé un courrier à Yahya Jammeh reconnaissent  l’opposant comme vainqueur de l’élection présidentielle du 1er décembre 2016 et nouveau chef de l’exécutif gambien.

Diplomates « insoumis »

Déjà acculé par de multiples pressions internationales et par la menace d’une opération des forces armées de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la réaction de Yahya Jammeh ne s’est pas faite attendre. Il a été mis fin aux fonctions des 12 ambassadeurs « insoumis » qui sont rappelés à Banjul.

Il est cependant peu probable que les ambassadeurs limogés quittent leurs pays d’affection pour se rendre en Gambie où leur sécurité ne serait pas assurée. Les ambassadeurs concernés représentaient jusque-là la Gambie aux États-Unis, au Sénégal, aux Nations unies, en Chine, en Russie, en Grande-Bretagne, en Turquie, en Belgique, en Espagne, à Cuba, en Guinée-Bissau et en Éthiopie.

Spectaculaire volte-face

Depuis le 10 décembre 2016 la Gambie fait face à une crise politique majeure suite à la spectaculaire volte-face de Yahya Jammeh après le scrutin présidentiel du 1er décembre.

En effet, le 2 décembre 2016, le président gambien, Yahya Jammeh, reconnaissait  devant les caméras sa défaite à l’élection présidentielle dans son pays. Dans une scène inhabituelle et scénarisé, il appela son challenger, l’opposant Adama Barrow, pour le féliciter aux yeux du monde. La vidéo a fait le tour du monde et a été saluée unanimement. Et pourtant, le 10 décembre, coup de théâtre, Yahya Jammeh qui avait reconnu sa défaite une semaine plus tôt rétropédalais. Dans une déclaration télévisée, il parlait désormais d’erreur de comptage. Ménacé, le président de la commission électorale, a été contraint de se réfugier au Sénégal.

Alors que la situation est toujours tendue à Banjul, la communauté internationale continue d’exercer diverses pressions pour emmener Yahya Jammeh à quitter le pouvoir.

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