Cameroun : la vie des malades d'insuffisance rénale ne tient qu'à un fil

dialyse kits - rupture
actucameroun.com

Cameroun Santé – Depuis plusieurs jours déjà, les malades d’insuffisance rénale rencontrent de nombreuses difficultés liées à la crise de la dialyse à l’hôpital général de Yaoundé au Cameroun. Ces patients peinent à procéder à leur séance d’hémodialyse. Le constat est qu’il y a un gros déficit d’approvisionnement en composants de kits de dialyse.

Les drames liés à l’hémodialyse

Cette crise correspond malheureusement à des situations plus dramatiques enregistrées dans l’hôpital de Yaoundé. Le journal La Nouvelle Expression  du 4 Juillet dernier rapporte qu’une jeune dame hémodialysée et patiente dans cet hôpital est morte chez elle. Les facteurs de ce drame sont liés à l’actuelle crise de la dialyse, car la patiente aurait rendu l’âme suite à une non prise en charge de sa maladie. Le même journal souligne : « Ses proches racontent qu’elle se serait rendue à l’hôpital ‘’depuis deux semaines’’ pour le suivi. A l’hôpital, elle et d’autres malades ont été redirigés vers Mbalmayo, où un suivi était possible. Sauf que la trentenaire, mère de 2 enfants, attendait de trouver l’argent pour rejoindre la ville ». Situation alarmante où la santé des patients dépend du contenu de leur poche.

D’autres témoignages recueillis révèlent qu’un autre malade hémodialysé aurait trouvé la mort à l’hôpital même. Des témoins évoquent la thèse d’un accident : « C’est l’ascenseur en panne depuis plusieurs années qui est à l’origine de la mort de Mvondo. Après sa séance de dialyse, il s’est écroulé et s’est cassé les deux jambes. Pour tenter de sauver sa vie, il a été opéré mais malheureusement, il l’a perdu au cours de l’opération ». Cette crise laisse certains ahuris et pousse d’autres à la colère, c’est le cas des patients justement.

Mouvement d’humeur pour dénoncer

Trouver la mort à l’hôpital, ou voir sa santé se dégrader considérablement faute de soins, peut rendre fous. C’est donc l’instinct de survie et le souci d’attirer l’attention des plus hautes autorités qui ont provoqué un mouvement d’humeur devant l’entrée de l’hôpital général de Yaoundé. Jusqu’à ce Lundi 3 Juillet, les patients décriaient encore les conditions dégradantes de leur prise en charge. Pour ainsi dire, rappelons que le 4 Avril 2017 dernier, ces patients avaient adressé une lettre à l’attention du Professeur Elie Claude Ndam Njitoyap, Directeur Général de l’hôpital de Yaoundé. Dans leur dénonciation, ils évoquaient plusieurs points, notamment : rupture de stock du matériel de dialyse, insuffisance criarde de machines, panne de balance numérique, panne de l’ascenseur depuis plusieurs années, problème de conduite d’eau…

Le Directeur reconnaît les insuffisances et tente de rassurer

Des mois plus tard, le Directeur Général de l’hôpital reconnait ces nombreuses insuffisances et rassure les patients mais aussi tout le corps médical. Camerooun Tribune en kiosque a recueilli les propos de ce responsable : « Ce qu’il faut savoir, c’est que la dialyse est une option gouvernementale qui fait intervenir un certain nombre d’acteurs dont les hommes, le générateur, l’eau et le consommable »

Il admet ensuite : « Depuis le mois d’Avril, il y a des difficultés d’approvisionnement en eau. Et pour une séance de dialyse, un patient a besoin de 120 litres d’eau. Mais pour tous ces besoins, des mesures ont été prises par l’Etat. En termes d’approvisionnement en eau, la zone de Ngousso n’a pas de problèmes de coupures. Quant aux consommables, un paiement exceptionnel vient d’être effectuée et ils seront acheminés par voie aérienne dans les jours qui viennent. »

Il ne fait l’ombre d’aucun doute que plusieurs facteurs expliquent ce type de crise dans plusieurs pays africains. Il peut y avoir du personnel, bien formé et volontaire pour faire le travail. Mais la volonté politique fait souvent défaut ce, à plusieurs niveaux. Et quand il y a du matériel, il manquerait de l’eau ou de l’électricité. Le pire, c’est quand un humain trouve la mort parce qu’il ne pouvait se payer les soin.

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