Djibouti : bras de fer militaire entre la Chine et les États-Unis

En construction depuis plusieurs mois à Djibouti, la première base militaire chinoise à l’étranger devrait être opérationnelle d’ici la fin de l’année. Un nouvel arrivant qui va compliquer la situation déjà tendue entre les nations présentes à cet emplacement stratégique.

Le nouvel eldorado militaire chinois

C’est un grand pas pour la Chine : sa première base militaire à l’étranger va bientôt voir le jour. En effet, les travaux qui ont débuté en 2016 devraient s’achever d’ici la fin de l’année. Le bail signé est prévu pour durer jusqu’en 2026. La nouvelle base militaire sera localisée dans le port de Doraleh et fera face à la base militaire américaine; cette dernière se trouve de l’autre côté du golfe de Tadjourah.
La base navale chinoise ne servira officiellement qu’à des fins logistiques, un point de chute pour les stocks d’armes et une garnison de 10.000 militaires chinois. L’investissement trouve son utilité dans la préservation et la protection des intérêts chinois dans la Corne de l’Afrique. Un signe évident que la Chine souhaite sortir de son isolationnisme et devenir une puissance navale mondiale ; une des priorités dans la stratégie du président Xi Jinping pour sa politique étrangère.

Un emplacement qui vaut de l’or

Avec ce nouvel opérateur militaire sur son territoire, Djibouti va être un terrain d’affrontement politique entre les États-Unis, le Japon et la Chine. Les Américains venaient de renégocier leur contrat avec Djibouti en 2014 pour un bail de vingt ans à 63 millions de dollars par an, espérant ainsi s’assurer un monopole dans le pays. Et le Japon, jusqu’à présent, compte pour 10% des bateaux de passage. Il faudra aussi bientôt compter les Émirats arabes unis dans l’équation.
Les enjeux sont immenses. Situé sur le chemin du Canal de Suez, Djibouti représente un emplacement stratégique pour le commerce maritime mondial, notamment pour un accès plus rapide à l’Europe et à l’Asie. Après avoir investi près de 12 milliards de dollars dans le pays, la Chine désire en faire sa nouvelle route de la soie. Elle souhaite que les échanges commerciaux avec l’Afrique atteignent 400 milliards d’ici 2020.
Ce qui semble être un pari gagnant aujourd’hui suscite cependant quelques craintes pour l’avenir de Djibouti et le risque d’une dépendance économique. La Chine tente de rassurer et précise vouloir un partenariat qui sera bénéfique pour toutes les parties. La preuve donc que sur le long terme, l’expansion chinoise inquiète non seulement les acteurs locaux, mais aussi les partenaires historiques.

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