Donald Trump annonce la fin du statut protégé des Libériens et leur donne un an pour quitter le territoire américain

Donald Trump, le président américain

(APN) – Ce mardi, l’administration du président américain a décidé de mettre fin au statut que bénéficiaient quelques milliers de Libériens aux États-Unis. À compter du 31 mars 2018, il leur restera un an pour quitter le territoire américain.

En 1989 la première guerre civile éclate au Libéria. Pendant quatorze années, le Libéria connaît alors deux périodes sous haute tension. Une se déroule entre 1989 et 1996, et l’autre commence en 1999 et finira en 2003. Durant ces moments de conflits, près de 800.000 Libériens quittent le pays et se réfugient dans plusieurs pays dont les Etats-Unis. C’est en 1999, que l’administration américaine sous Bill Clinton, décide d’accorder un statut particulier aux ressortissants libériens sur son sol.

Ce programme (Deffered Enforced Departure, DED) est un sursis au départ forcé. Il permet aux Libériens présents sur le sol américain de pouvoir travailler sans titre de séjour et de vivre sans la peur d’être expulsé. Le dispositif a ensuite été renouvelé par tous les présidents républicains comme démocrates, qui estimaient que la situation au Libéria demeurait précaire. Le dernier en date est Barack Obama qui l’a prorogé jusqu’au 31 mars 2018.

Une démocratie retrouvée ?

Dans le cadre d’un durcissement de sa politique migratoire, l’administration Trump a donc sonné la fin de ce programme. Le président américain estime que la situation s’est améliorée au Libéria et a donc décidé de ne pas reconduire cette mesure. De ce fait, il donne une période intérimaire d’une année afin de permettre aux citoyens Libériens de quitter le territoire américain. Elle permettrait aussi au Libéria de pouvoir réintégrer ses citoyens. Après cette période, ceux qui resteront aux États-Unis seront expulsés.

Dans le mémorandum publié, Donald Trump dit que le Libéria a fait de nombreux progrès dans l’instauration de la démocratie. Aussi, le pays africain ne fait plus face à un conflit armé et la dernière élection qui a vu la victoire de George Weah, est la preuve d’une alternance démocratique sans effusion de sang. Seulement, les avocats des Libériens aux États-Unis ne sont pas du même avis.

Une reconduction peu probable 

Des nombreux avocats ont écrit une lettre aux membres représentant le Minnesota au Congrès (c’est dans cet état qu’on retrouve la plus grande communauté libérienne). Ils demandent au président de reconduire ce programme. Ils considèrent que ces nombreux Libériens, présents depuis des dizaines d’années sont une part importante de la communauté. Plusieurs sont propriétaires de magasins, professeurs et travaillent dans le domaine médical. Ces personnes ont des enfants aux États-Unis et les renvoyer reviendrait à abandonner une vie qu’ils avaient construite aux États-Unis.

Ce n’est pas la première fois que le président américain prend une telle décision. Il avait mis fin au statut protégé de milliers de Soudanais, d’Haïtiens, de Salvadoriens et de Nicaraguayens. Rien ne semble arrêter le président Trump qui est déterminé à durcir sa politique migratoire.

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