[Dossier 8 Mars] 5 femmes africaines iconiques et inspirantes

De gauche à droite : Thuli Madonsela, Irene Koki Mutungi, Amina Mohamed Jibril, Chimamanda Ngozi Adichie et Jaha Dukureh
De gauche à droite : Thuli Madonsela, Irene Koki Mutungi, Amina Mohamed Jibril, Chimamanda Ngozi Adichie et Jaha Dukureh

Chimamanda Ngozi Adichie, «j’ai décidé d’être une féministe heureuse»

Devenue incontournable sur la scène de la littérature africaine, Chimamanda Ngozi Adichie est une auteure nigériane qui contribue à faire briller le continent à travers ses œuvres littéraires.

Elle est connue pour ses livres et ses discours qui traitent de sujets sensibles tels que l’immigration, la guerre du Biafra, l’éducation, mais surtout le féminisme.

Grâce à son discours pertinent sur la condition féminine «We should all be feminists», elle ouvre le débat sur la façon dont les femmes sont traitées juste à cause de leur genre.

Elle ne se revendique pas l’égal d’un homme.

Chimamanda Ngozi

Elle affirme d’emblée la différence évidente qui singularise chaque genre. Au contraire, elle n’a pas honte de s’approprier toute la particularité que représente le fait d’être une femme.

Ce qui intrigue Chimamanda est la manière dont la société a choisi d’éduquer ses enfants. Une fille et un garçon n’auront pas les mêmes enseignements. Ceux-ci ne seront pas choisis en fonction de leurs aptitudes et capacités intellectuelles, mais en fonction uniquement de leur genre.

« Je suis en colère. Le genre aujourd’hui en tant que fonction crée une grave injustice… La colère a la capacité historique d’apporter des changements positifs, donc en plus d’être en colère, je suis confiante, car je crois fermement en la capacité de l’être humain à se faire et se défaire pour être meilleur ».
En dehors de la prise de conscience qu’elle apporte sur ce sujet, Chimamanda organise également des ateliers d’écriture au Nigéria appelés Farafina Books qui aident les écrivains amateurs à perfectionner leur plume. En plus de ça, elle se bat pour rendre plus accessible la lecture en ouvrant des bibliothèques dans son pays. Tout ceci pour promouvoir la littérature africaine et permettre aux générations futures d’avoir plus de possibilités dans le choix de leurs œuvres littéraires.

Irène Koki Mutungi prend son envol

Irène Koki Mutungi

Elle devient au milieu des années 90 la première Africaine commandante de bord de vols commerciaux. En 2014, elle est la première femme africaine à prendre les commandes du dernier joyau de Boeing : le 787 Dreamliner.

Née en 1976, Koki est une pilote professionnelle kényane. Depuis toujours passionnée, elle a désiré suivre les traces de son père, ancien pilote pour la compagnie aérienne Kenya Airways. À 17 ans, elle décide de s’inscrire à l’école de pilotage à l’aérodrome de Nairobi où elle décroche sa licence de pilote privé. Peu après, elle poursuit sa formation à Oklahoma et obtient sa licence de pilote commerciale délivrée par la prestigieuse «Federal Aviation Authority»

À son retour au Kenya et pendant six ans, elle est la seule femme pilote de ligne de la compagnie Kenya Airways (qui embauche aujourd’hui 10% de pilotes femmes). Depuis, elle a su s’imposer dans ce milieu composé à 97% d’hommes. Le rêve de celle qui a plus de 10.000 heures de vol au compteur est d’avoir sa compagnie aérienne où la moitié des pilotes seraient des femmes.

Jaha Dukureh, icone de la lutte anti–MGF

Jaha Dukureh

Quand un événement est trop marquant, voire traumatisant, l’être humain a tendance à se renfermer. Les victimes d’atrocités se détournent de la réalité afin de protéger leurs cœurs et préserver la paix. En sensibilisant contre la mutilation, Jaha Dukureh a refusé de garder le silence. Quelques jours après sa naissance elle a subi une mutilation génitale de type III dans sa Gambie natale. C’est depuis Atlanta, ou elle vit aujourd’hui que Jaha a fondé Safe Hands for Girls, une association qui lutte contre l’excision au niveau international et aux États-Unis. Les efforts de Jaha Dukureh ont contribué à criminaliser la pratique consistant à faire voyager les filles américaines pour les exciser à l’étranger. Bien qu’elle ait fait face au rejet de sa communauté, la pensée de ses trois enfants la maintient engagée. «Je ne veux pas qu’ils aient à faire face au défi que j’ai rencontré; mariage précoce ou mutilations génitales. Je ne veux pas qu’ils aient à vivre dans la peur. Je ne veux qu’aucune fille n’ait a se sentir comme ça». Le journal The Guardian prépare un film sur l’histoire de sa vie.

Thuli Madonsela, une Femme que rien n’effraie

Thuli Madonsela

Thuli Madonsela, de son vrai nom Hulisile Nomkhosi Madonsela, est une avocate sud-africaine de renom. Elle a fait de la lutte anticorruption son cheval de bataille en Afrique du Sud.

Son combat pour la justice débutera au sein de l’ANC où elle participera à la rédaction de la Constitution du pays. Bien qu’on lui ait proposé un poste à plusieurs reprises, Thuli Madonsela a toujours refusé, affirmant qu’occuper une fonction politique «ne serait pas sa meilleure contribution en tant qu’être humain».

En 2016, elle recevra de nombreuses distinctions dont le Prix Forbes «Personne de l’année 2016» et le Prix allemand pour l’Afrique 2016. Mais son année sera surtout marquée par la fin de son mandat en tant que Médiatrice de la République et son dernier rapport incriminant des pratiques de corruption au sein du Gouvernement. Un rapport gênant pour le Président Jacob Zuma qui a usé des grands moyens pour empêcher sa publication.

Amina Mohamed Jibril, un modèle de diplomatie

Amina Mohamed

Spécialiste du droit, diplomate d’exception, Amina Mohamed Jibril est un peu tout ça à la fois. À 55 ans la ministre kényane des Affaires étrangères, première femme à occuper ce poste dans son pays, est une personnalité respectée bien au-delà des frontières du Kenya.

Avocate, diplômée de la prestigieuse université anglaise d’Oxford, Amina Mohamed a successivement exercé comme ambassadrice du Kenya auprès de l’Office des Nations unies à Genève sous le régime du Président Daniel Arap Moi puis en qualité Secrétaire permanente au ministère de la Justice du Kenya dans l’administration Mwai Kibaki avant de s’engager dans une carrière internationale. Entre 2011 et 2013, Amina Mohamed a occupé les fonctions de Directeur exécutif adjoint du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Depuis le 20 mai 2013, elle est la chef de la diplomatie kényane dans le gouvernement du Président Uhuru Kenyatta.

La native de Kakamega dans l’ouest du Kenya s’est rendue indispensable dans son pays. Ainsi, les 3 derniers présidents du Kenya ont-ils fait appel à Amina Mohamed pour qu’elle travaille au sein de leur administration.

En janvier 2017, Amina Mohamed a été l’ultime adversaire du Tchadien Moussa Faki dans la course à la présidence de la commission de l’Union africaine. Bien que battue, Amina Mohamed a reçu les éloges de nombreux Chefs d’État qui ont vanté les qualités de diplomate et son charisme.

Mariée, Amina Mohamed a 2 enfants auxquels s’ajoutent 4 orphelins dont elle s’occupe avec Khalid Ahmed, son époux.

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