[Dossier esclavage] Les 3 formes de commerce utilisées pendant la traite des noirs

Esclave bâillonné (illustration)
Esclave bâillonné (illustration) – © emotionnoly.wordpress.com

Esclavage – Volet 3/8 (APN) Pour honorer les commémorations liées à l’esclavage en général et à la traite négrière en particulier, africapostnews.com vous propose une série d’articles historiques sur l’un des plus grands crimes commis par des hommes envers d’autres hommes. Dans ce 3e volet, nous faisons un éclairage sur les trois formes de commerce utilisées pendant la traite des noirs.

Le commerce transatlantique n’a pas toujours revêtu la forme triangulaire qui est toutefois la plus connue. Outre le commerce triangulaire, il exista également un commerce linéaire entre le Brésil et l’Afrique d’une part et entre l’Europe et l’Amérique d’autre part.

Le commerce triangulaire

La traite des noirs (illustration)
La traite des noirs (illustration) – © lescacosnoirs.com

Durant la période de la traite  négrière, chaque opération devait se dérouler en 3 étapes :

  • Armement d’un navire à partir d’un port européen avec, dans ses cales, des produits destinés au troc (tissus, verroterie, quincaillerie, fusils de traite, eau de vie, etc.) et ensuite cap sur les côtes africaines pour l’acquisition des esclaves ;
  • Traversée de l’Atlantique et arrivée aux Amériques. Sur place, vente des esclaves et conversion des produits de la vente en marchandises pour l’Europe, principalement du sucre, mais également de l’or, du café, tabac, du coton, etc.
  • Enfin, retour en Europe, désarmement du navire et mise en vente des produits importés.

Le commerce triangulaire est présenté par les historiens comme plus caractéristique de l’atlantique nord. Les négriers opérant sur les côtes de l’atlantique sud en Afrique et en Amérique privilégiaient d’autres modes de commerce négriers.

Le commerce direct entre le Brésil et l’Afrique

Le commerce direct (aussi connu sous le nom de commerce en droiture) entre le Brésil et l’Afrique (notamment la Côte Atlantique Sud de l’Afrique) a prospéré pendant la traite négrière. Il consistait à un aller-retour direct entre le Brésil et l’Afrique.

Comme pour le commerce triangulaire, les navires partaient chargés de pacotilles vers les côtes africaines, notamment du Mozambique, et revenaient chargés d’esclaves sur les côtes brésiliennes.

Les maitres du commerce entre le Brésil et l’Afrique étaient des anciens esclaves affranchis et retournés sur le continent au Dahomey (actuel Bénin), au Togo et en Angola. Ces Afro-Brésiliens ont donc pratiqué la traite des esclaves.

Le commerce direct entre l’Europe et l’Amérique

Le commerce direct entre l’Europe et l’Amérique avait des formes similaires à celles du commerce pratiqué entre le Brésil et les côtes africaines. Il consistait à un aller-retour entre les ports européens et les colonies d’Amérique du Sud.

Au départ de l’Europe, les navires transportaient différents produits destinés aux colons ou plus rarement aux esclaves (souvent des tissus grossiers). Au retour les navires étaient chargés de sucre, de coton et d’autres biens tirés des plantations labourées et entretenues pas des esclaves noirs.

Le voyage aller n’était pas très rentable. Cependant, en évitant le détour par l’Afrique, le voyage était moins risqué et les navires pouvaient effectuer plus de rotations.

Source principale : Archives historiques de la maison des esclaves de Gorée (Sénégal). Les formes du commerce

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