Égypte : la mort du Soudanais Gabriel Tut, un crime raciste ?

La Cité des morts, Le Caire Égypte.
© 2015 Michal Huniwicz www.m1key.me

Un citoyen soudanais résidant en Égypte, Gabriel Tut, a succombé il y a quelques jours à des coups portés à la tête avec une barre de fer. Le suspect, un Égyptien, vient d’être arrêté. Cet événement tragique relance une fois le débat lié au racisme. En effet, les subsahariens qui résident dans les pays d’Afrique du Nord sont régulièrement victimes d’actes de racisme.

Selon les autorités, le suspect est un Égyptien, propriétaire du supermarché voisin de l’école où travaillait la victime. Il proférait régulièrement des insultes à caractère raciste à l’endroit du corps enseignant et des élèves de l’école. Différentes sources affirment que l’auteur de l’agression utilisait au quotidien des noms d’animaux pour les appeler et les terroriser.

Par ailleurs, il y a plus d’un an, l’un des amis du suspect, qui était également présent le jour du meurtre, aurait déjà menacé de brûler l’école. L’administration de l’école avait alors porté plainte.

Gabriel Tut travaillait au Sudanese Children Care Educational Center au Caire, une école dont la mission est de lutter contre l’analphabétisme au sein de la communauté soudanaise. Dirigée depuis 2007 par le Père Marko Deng, cette école vit grâce aux dons et aux parrainages des enfants. Elle vise à fournir une éducation aux réfugiés soudanais tout en leur permettant de retrouver leur dignité et confiance en eux.

Les ressortissants subsahariens, cibles privilégiées du racisme au Maghreb

Le jour du drame, le suspect aurait interpellé de manière agressive Gabriel Tut. Puis, il serait allé chercher une barre de fer avec laquelle il aurait asséné des coups à la tête à l’enseignant avant de s’enfuir, laissant Gabriel Tut succomber à ses blessures.

Ce crime, que l’on peut qualifier de haineux, ne semble pas être un cas isolé. En effet, dans les pays du Maghreb et du Moyen-Orient, on ne compte plus les nombreux actes racistes dont sont victimes les ressortissants de l’Afrique subsaharienne qui y vivent. Plusieurs organismes de défense de droit de l’Homme dénoncent cette haine envers les personnes en provenance d’Afrique subsaharienne, mais surtout le négationnisme qui l’entoure.

Ngor Yusuf, le Consul soudanais en poste actuellement en Égypte, s’est rendu au bureau du Procureur et a demandé à être tenu informé de l’avancée de l’affaire. Le Père Marko, quant à lui, a affirmé que le père de la victime l’aurait appelé pour s’excuser pour l’acte de son fils.

 

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