EndWildlifeCrime : quelle utilité pour les sommets sur la préservation de l’environnement ?

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Les présidents du Botswana, du Gabon et de l’Ouganda ont échangé avec le Prince William pour la préservation de la vie sauvage. | Crédits : Kensington Palace

Environnement Afrique – Dans le cadre de la semaine EndWildlifeCrime, plusieurs délégations ont fait le déplacement à Londres. Les chefs d’État botswanais, gabonais et ougandais ont notamment pu échanger avec le Prince William pour œuvrer à la protection de la vie sauvage.

Plus de 80 pays sont actuellement réunis à Londres pour la semaine EndWildlifeCrime. Les différentes délégations participent aux nombreuses conférences et rencontres organisées à cet effet. L’objectif visé est de trouver des solutions pour une meilleure préservation de la faune et la flore. Au terme des conférences du jour, les président du Botswana, du Gabon et de l’Ouganda ont successivement échangé avec le Prince William à Buckingham Palace. Il a été question de faire converger les efforts dans la lutte contre les crimes environnementaux. Les délégations de l’Afrique du Sud, du Kenya, du Nigeria et du Zimbabwe étaient également présentes.

EndWildlifeCrime, un énième sommet pour les apparences ?

Comme de nombreux autres rencontres et sommets, EndWildlife voit des dirigeants et organismes internationaux se succéder au micro pour promettre de meilleurs résultats. Pourtant, cela ne se traduit pas nécessairement sur le terrain. En effet, une réflexion poussée et une tolérance zéro peuvent être difficiles à mettre en pratique si cela engendre une baisse de revenus, particulièrement pour les pays dont l’économie repose sur le tourisme

Dans plusieurs pays, la chasse aux trophées, pratiquée à des fins récréatives, contribuent grandement à la disparition des espaces sauvages. Toutefois, elle génère beaucoup de revenus avec une clientèle riche qui cherche à se divertir. Il est ainsi difficile ainsi de s’y opposer. Résultat, les dirigeants font le choix de ce que certains qualifient d’hypocrisie environnementale. De fait, la question de l’application des politiques annoncées par les États lors de ces conférences est donc légitimes.

D’autre part, la contrebande et le braconnage représentent un marché de plus de 22 milliards d’euros annuels. Un marché juteux pour les réseaux criminels qui savent naviguer entre les lois et les enquêtes inabouties pour échapper aux poursuites. D’autant plus qu’ils bénéficient parfois de la complicité des dirigeants et d’agents locaux. En contrepartie, ces derniers touchent une maigre portion des montants après vente.

Il faut tout de même reconnaitre que les États déploient des efforts pour remédier à ces crimes. En effet, ils procèdent à la saisie et la destruction de nombreux stocks. C’est le cas par exemple pour l’ivoire ou les peaux de bêtes. On compte également quelques arrestations de petits trafiquants. Pourtant, cela reste un maigre lot de consolation car les personnes à la tête des réseaux de contrebande ne sont jamais inquiétées. Il semblerait ainsi que plusieurs de ces discours ne restent qu’au stade de promesses.

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