Ethiopie: Le TGV Addis-Abeba – Djibouti, une ligne de train prometteuse pour le commerce intracontinental

La ligne de chemin de fer reliant Djibouti à Addis-Abeba est une ancienne voie ferrée franco-éthiopienne, longue de 784  km, mise en service pour la première fois en 1917 et dont l’exploitation a été interrompue en 2010. Depuis le 10 janvier 2017, elle est de nouveau opérationnelle.

Une réhabilitation de 4 milliards de dollars financée par la Chine

Après plusieurs années de réhabilitation, la ligne de chemin de fer reliant la capitale éthiopienne, Addis Abeba, au port de Djibouti, vient d’être relancée. Depuis le 10 janvier dernier, les trains circulent de nouveau entre les deux villes, permettant ainsi le transport à très grande vitesse de voyageurs mais aussi de marchandises. Et les autorités des deux pays s’en disent ravies. Mekonnen Getachew, le coordinateur du projet pour la compagnie ferroviaire éthiopienne, se réjouit de cette nouvelle opportunité pour son pays : « sa connexion avec les ports de Djibouti va booster notre économie et accélérer notre croissance ».

Les travaux, financés à hauteur de 4 milliards USD, ont été menés par la China Civil engineering Construction Corporation. Cette initiative ambitieuse a bien failli ne jamais voir le jour. En effet, en dépit des nombreux atouts du projet, le Fonds Monétaire International (FMI) et l’Union Européenne (UE) avaient refusé de le financer. Ce n’est que grâce à l’intervention de la Banque Export-Import de Chine que celui-ci est devenu réalité, même si cela n’est en rien de la générosité. La Chine compte bien récupérer son investissement en accaparant le marché de vente de trains à grande vitesse en Afrique de l’est. Cela est d’autant plus vrai que la ligne Addis-Abeba – Djibouti s’inscrit dans un projet régional plus grand, le Réseau ferroviaire d’Afrique de l’Est.

Un projet prometteur pour les échanges commerciaux intracontinentaux

La liaison ferroviaire que symbolise cette ligne est une aubaine pour l’Ethiopie et Djibouti. En effet, 90% des exportations éthiopiennes transitent par Djibouti et représentent 70% de l’activité portuaire de cette dernière. La durée du temps de trajet passant à 5 heures, contre plusieurs jours auparavant, va ainsi booster leurs échanges commerciaux. Mais cela va aussi faciliter le désenclavement des pays à l’intérieur du continent, qui n’ont pas facilement accès à la mer.

Lors de la cérémonie d’inauguration, Aboubaker Omar Hadi, le Président de l’Autorité des Ports et des Zones Franches de Djibouti (DPFZA), a ainsi déclaré « être fier du rôle vital que Djibouti jouera dans le développement de la région et du continent ». Des ambitions non dissimulées pour cette ligne donc, et certains rêvent déjà à une extension au reste du continent, en particulier à l’Afrique de l’ouest.

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