Famine au Nigéria : le silence de la communauté internationale face aux chiffres alarmants

Maiduguri, la petite Falmata Usman, âgée de 6 moi – News.vice.com

Les populations du nord-est du Nigéria sont confrontées depuis plusieurs mois à une grave insécurité alimentaire liée à la présence de Boko Haram sur le territoire national. La multiplication des affrontements entre le groupe islamiste et les forces armées cause de considérables pertes en vies humaines et d’importants dégâts matériels expliquant le déplacement des populations vers les camps d’aides humanitaires. Depuis plusieurs mois déjà, de nombreux organismes humanitaires tirent la sonnette d’alarme quant à la dégradation de la situation alimentaire des populations victimes du groupe djihadiste.

Des milliers de personnes menacées par la famine

Le nord-est du Nigéria connait actuellement l’une de ses plus grandes crises humanitaires. En effet, victime des actions e de la présence du «?groupe religieux?» Boko Haram, le pays est en proie depuis plusieurs mois à une grave crise alimentaire. La situation est d’autant plus compliquée que certains parlent de la pire crise que le continent africain ait connue jusque-là. C’est dans le berceau du groupe islamiste plus précisément dans l’état de Borno que l’on retrouve les cas les plus graves avec quelque trois millions de personnes souffrant de la faim, dont 250 000 enfants selon les chiffres de l’Unicef.

Depuis 2009, la guerre menée par le groupe islamiste a déjà causé au moins 20 000 morts et un déplacement de la population de plus de 2 millions d’individus fuyant les attaques. Dans un camp de réfugiés, 30 000 personnes sont en attente de rations alimentaires du programme alimentaire mondial, presque deux millions de Nigérians sont menacés de famine.

Victimes de la disette, les habitants se réfugient dans les camps ou la malnutrition fait des ravages. Plus de 80 000 personnes déplacées dans la ville de Ngala vivent dans un camp extérieur en manque de nourriture et de soins médicaux. Un dépistage de la malnutrition chez 2000 enfants âgés de moins de cinq ans a démontré que la situation est critique avec un enfant sur dix victimes de malnutrition aiguë qui pourrait entraîner la mort.

Sans aide alimentaire supplémentaire, la situation risque de se dégrader davantage

Plus d’un million de personnes fuyant les violences vivent à Maiduguri, la plus grande ville au nord-est du Nigéria. Des milliers de personnes ont besoin de nourriture, de soins médicaux et d’eau, sans aides internationales, la situation risquerait de s’aggraver avec la saison des pluies selon Médecins sans Frontières (MSF).

Depuis plusieurs années, MSF gère principalement quatre centres dont deux qui s’occupent de la santé et deux qui gèrent le traitement nutritionnel pour les enfants atteints de malnutrition assurant l’approvisionnement par camion de 80 000 à 100 000 litres d’eau par jour. Malgré les actions de MSF qui a distribué plus de 800 tonnes de nourritures ces derniers mois, les besoins des populations restent forts. Quand les stocks des récoltes et de nourriture seront épuisés, il va probablement falloir une aide supplémentaire plus importante. Selon les responsables de MSF, les chiffres sont alarmants. 75 des 369 enfants accueillis dans les centres sont morts en aout dernier. En novembre également, il a été enregistré un grand nombre de décès liés à la famine, il s’agirait de 21 des 250 enfants pris en charge par MSF.

Pour le Programme alimentaire mondial (PAM), il est plus qu’urgent de réagir pour sauver des millions de vies. Ertharin Cousin, directrice exécutive du PAM déclare que : «?ce n’est pas le moment de nous détourner de ceux qui ont été touchés par l’insurrection de Boko Haram?» en rajoutant dans une de ses déclarations que : «?Reconnaissant qu’il y a de nombreux défis dans le monde, je supplie la communauté internationale de continuer à nous soutenir, ce qui est nécessaire pour assurer non seulement le PAM, mais aussi pour la capacité de tous les partenaires à servir ceux qui n’ont rien d’autre que ce que nous leur donnons.

 Ce n’est pas le moment pour nous de donner la priorité à un enfant affamé par rapport à un autre?». Le PAM appelle à la mobilisation de la communauté internationale, et les supplie de venir en aide à ces millions de déplacés touchés par la malnutrition.

Alors que Donald Trump menace de diminuer la contribution des États-Unis à ce programme alimentaire, le manque de réaction de la communauté internationale inquiète le programme alimentaire mondial qui pense que si rien n’est fait, la situation sera risque de se dégrader considérablement.

 

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