Fin de la grève à Shell Gabon


Après plusieurs mois de désaccords ayant conduit à une grève le 12 janvier, les employés de Shell Gabon ont finalement trouvé un terrain d’entente avec la direction du groupe.

Baisse de la production de Shell Gabon suite à la grève

Suite à la décision de Shell de vendre tous ses actifs on shore, les 400 employés de la société ont décidé dans un premier temps de réduire la production journalière assurant ainsi un service minimum. Cette baisse de production a engendré des conséquences non négligeables chiffrées à une perte de 5 millions de dollars minimum. La baisse de production n’a pourtant été que progressive avoisinant les 30 à 50% de la production normale.
Le départ de l’entreprise installée au Gabon depuis 56 ans constituait pour les employés un préjudice moral, puisqu’ils risquaient de perdre un environnement de travail d’une qualité exceptionnelle, qui allait laisser place à « un autre business model rempli d’incertitudes ». Ils réclamaient donc des indemnités plus conséquentes que celles proposées, Shell ne leur garantissant pas un avenir serein avec le repreneur.

L’ONEP durcit le ton suite à l’aphonie de la direction

Le 16 janvier dernier, au cours d’un point de presse, Sylvain Mayabith, le secrétaire général de l’ONEP, l’ Organisation nationale des employés du pétrole, avait menacé de durcir la grève en ces termes : « Nous nous réservons le droit d’appliquer la grève dans sa dureté, c’est-à-dire zéro production de Shell Gabon, zéro production de Total transitant par Shell ». Ceci en réponse à l’inertie et l’aphonie de la direction. Rappelons que le Gabon est un pays qui dépend considérablement de sa manne pétrolière. Un ralentissement aussi conséquent  de sa production aurait été fortement préjudiciable. Par conséquent, la médiation avec le nouveau ministre du Pétrole et des Hydrocarbures gabonais Pascal Houangni Ambourouet s’est avérée plus que nécessaire.

Shell cède enfin aux revendications

Ne souhaitant pas vendre une entreprise à l’arrêt, Shell a finalement cédé aux revendications de ses employés. Un accord de sortie de crise a donc été conclu vendredi dernier en présence de l’Inspecteur spécial du travail chargé du secteur pétrolier Davy Thome et du Secrétaire général du ministère de tutelle Alphonse Ovabi-Gnala. Cette signature a entrainé la reprise normale des activités dès le lendemain.
Il a donc été conclu avec la direction le versement d’une prime de bonne séparation avec Shell Gabon avant la fin de période de transition, le transfert des employés vers le nouvel acquéreur ainsi que le maintien des acquis sociaux. Un autre point important de la négociation a été l’impossibilité pour le repreneur de Shell Gabon de licencier pour motif économique durant les 5 ans qui suivent le transfert.
Shell devrait officialiser au courant du mois de janvier son rachat d’actifs on shore par le fonds d’investissement Carlyce pour une somme avoisinant les 600 millions de dollars.
 
 

Laisser un commentaire