La France annonce une aide d’un million d’euros pour sauver l’écosystème du lac Tchad

Lac Tchad © Sciencesetavenir.fr

Environnement (APN) – Depuis plusieurs années, la question de la désertification du lac Tchad est à l’honneur pendant les discussions concernant l’environnement en Afrique. Localisée entre cinq pays notamment le Niger, le Tchad, le Nigéria et le Cameroun, cette zone de pêche est un lieu important pour le continent africain, un véritable bijou économique et environnemental.

Mais depuis 1950, le lac s’assèche de plus en plus entraînant le déplacement des riverains. Samedi dernier à N’Djamena, le ministre français de l’Environnement est venu apporter un soutien en octroyant la somme d’un million d’euros pour aider à l’aménagement du lac.

Changement climatique et déplacement des riverains du lac Tchad

Le lac partagé entre cinq pays dont les populations regroupées représentent plus de quarante-trois millions d’habitants, a vu en plus de quarante ans, son eau se réduire de 80%. Ce bassin hydrographique de 2.380.000 km2 est envahi par la population en déplacement fuyant le groupe islamiste Boko Haram. Le tarissement du lac entraine selon le gouvernement tchadien, le déplacement des populations vers le sud du pays.

En 2015, Suleiman Adamu, ministre nigérian des Ressources en eau avait déclaré « Si le lac continue de s’assécher cela entrainera des déplacements massifs…nous allons faire face à beaucoup plus de conflits internes si les gens quittent la région du lac pour aller vers le sud […] Une grande partie des populations pauvres du nord du Nigéria qui vivent dans les zones sahéliennes frappées par la désertification risque d’être touchée ».

L’assèchement du lac résulterait de la baisse du débit de ses affluents liés au réchauffement climatique et à la surexploitation par la population. Pour la sauvegarde et la restauration des écosystèmes du lac Tchad, un projet est mis en place par le gouvernement français. Il s’agirait de freiner le recul du lac Tchad en gérant la forêt, en s’occupant du reboisement, un travail qui sera essentiellement fait par les femmes et les jeunes.

Le gouvernement français octroie un million d’euros pour le reboisement autour du lac

Samedi 28 janvier, Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, a signé une convention visant à protéger le lac Tchad. Une décision de l’État français qui découlerait des différents engagements pris en 2015 lors de la Cop 21. Un plan d’action qui visait à améliorer les conditions de travail des riverains, mais également l’amélioration de la qualité de l’eau du lac avait été validée pendant cette cérémonie.

 La présence du ministre était donc importante à N’Djamena, car elle est venue expliquer personnellement l’impact de la destruction de l’écosystème et le choix de la France de verser au Tchad la somme d’un million d’euros pour le reboisement autour du Lac.

Pour Ségolène Royal, « Le lac Tchad est la deuxième zone humide d’Afrique, cette région est durement affectée par le changement climatique […] c’est l’une des zones les plus vulnérables et fragiles du monde, sans une intervention, cinq millions de personnes auront besoin d’une assistance humanitaire, il faut freiner le recul du lac en replantant ».

   Le discours du ministre tchadien de l’Environnement va dans le même sens que les propos de son homologue français, en disant que la solution imminente suite aux changements climatiques et de la baisse de la nappe serait d’opter pour un reboisement. Ce financement pourra aider au reboisement de 4000 hectares sur les rives du lac.

Le reboisement passerait par l’aide des femmes, de la jeunesse mobilisée dans le processus des changements climatiques. Selon les Tchadiens, c’est par elles que l’éducation écologique passe, elles sont donc au cœur du combat.

 

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