France : La diaspora gabonaise devant le siège de Bolloré

La diaspora gabonaise devant le siège de Bolloré
La diaspora gabonaise devant le siège de Bolloré

Plusieurs organisations de la diaspora gabonaise en France se sont retrouvées devant les bureaux du Groupe Bolloré à Puteaux, en banlieue parisienne, pour dénoncer l’ingérence du groupe dans la vie politique gabonaise. Le pays traverse depuis cinq mois une crise suite aux élections présidentielles qui ont reconduit Ali Bongo à la tête du pays.

Des Gabonais de France ont passé l’après-midi du mercredi 15 février devant les locaux du Groupe Bolloré en contestation de son implication prétendue dans la vie politique de leur pays. Ils accusent le géant logisticien français de participer au maintien du clan Bongo à la tête du Gabon pour, en contrepartie, continuer de bénéficier d’avantages et élargir son empire. En effet, le groupe Bolloré bénéficie d’un monopole sur l’exploitation des ports du Gabon, ce qui faisait déjà l’objet de contestations au Gabon, avant même l’échéance électorale.

«?Pour étendre son empire, Bolloré pactise avec les dictateurs en Afrique?»

C’est ce qu’on pouvait lire sur des pancartes des manifestants. Il faut dire que le groupe réalise un quart de son chiffre d’affaires en Afrique, où il emploie 25?000 personnes. On y compte 70 sociétés implantées dans 35 pays, francophones et anglophones. Son schéma d’implantation est à peu près le même dans chacun de ses pays : contrôle des transports (ferroviaire, portuaire), l’exploitation forestière, des usines de tabac, etc. Dans certains pays, le groupe est en position de quasi-monopole, défiant les lois sur la concurrence.

Au Gabon, en avril dernier, une coalition d’ONG pointait du doigt ce monopole et rendait le groupe français responsable de la cherté du coût de vie?; jugeant les tarifs de Bolloré trop élevés.

Les tracas du groupe Bolloré ne se limitent cependant pas au Gabon. Les affaires africaines du groupe sont suivies de près par les juges français. Le siège de l’entreprise a fait l’objet d’une perquisition le samedi 8 avril dans une enquête sur les conditions d’octroi des concessions des ports de Lomé et Conakry.

Bolloré n’est pas seul dans le bateau

Le groupe Bolloré n’est pas la seule multinationale dans le collimateur de la diaspora gabonaise. Gemalto, BNP et Total aussi sont concernées.

Une plainte portée par des leaders associatifs à l’encontre de Gemalto les avait conduits au pôle financier du tribunal de grande instance de Paris. Il était reproché au groupe français d’avoir perçu des montants faramineux pour l’enrôlement biométrique des Gabonais sur les les fichiers électoraux.
Une manifestation a déjà eu lieu à la Défense, devant le siège de Total pour dénoncer sa collaboration avec l’État gabonais à la CAN Total 2017.

La résistance ne faiblit pas

Cela fait plus de 5 mois que des Gabonais de France, et même ailleurs, révoltés face à ce qu’ils qualifient de hold-up électoral au Gabon, multiplient et enchaînent les manifestations de contestations. Pendant ce temps, le gouvernement gabonais appelle au dialogue national, pour apaiser les tensions.

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