Gabon : 131 millions FCFA distribués aux pdgistes pour manifester leur soutien à Ali Bongo lors de son séjour en France

Ali Bongo et Emmanuel Macron
Ali Bongo et Emmanuel Macron // DR Gabonreview

Gabon (Africapostnews) – Les manifestations de soutiens en faveur d’Ali Bongo lors de son séjour en France, à l’occasion du One Planet Summit du 12 au 13 décembre 2017, ont couté cher. Pas moins de 200 000 euros (131 millions FCFA) auraient été décaissés et distribués à ses soutiens en France pour qu’ils se mobilisent.

Alors que le séjour parisien d’Ali Bongo et les nombreux incidents qui l’ont émaillé étaient passés dans l’oubli, des membres du parti démocratique gabonais (PDG) en France l’ont remis au gout du jour par une lettre adressé au directeur de cabinet d’Ali Bongo. Dans ce courrier que nous publions in-extenso, un groupe de militants du PDG accusent 4 responsables locaux du parti d’avoir détourné cette belle somme.

500 euros (328 000 FCFA) par jour pour les déplacements d’une personne, 5 000 euros (3,3 millions FCFA) empochés en une semaine pour des déplacements dans Paris, factures impayés, menaces, etc. Des militants du PDG en France sont remontés contre quatre de leurs responsables ouvertement accusés de détournement de fonds. Hervé Linga, Fred Maïssa, Cyrille Ona et Sylvanel Kiki, tous membres du parti au pouvoir sont accusés d’avoir fait main basse sur l’argent qui aurait été décaissés par « la présidence » pour « démontrer au monde entier, qu’en France [Ali Bongo a] toujours des soldats épris de ferveur patriotique et déterminer à être les relais de [son] actions ».

Intimidations et agressions physiques

Souvent accusé de créer une illusion de popularité à Ali Bongo en « achetant » des mobilisations populaires, le PDG est face à ses propres turpitudes. Selon les plaignants, ce gout effrénés pour l’argent et l’enrichissement personnel aurait conduit Hervé Linga, Fred Maïssa, Cyrille Ona et Sylvanel Kiki à «  intimider et à porter main » à certains de leurs camarades du parti, se montrant trop insistant pour obtenir leur part.

Le dernier séjour d’Ali Bongo en France s’annonçait tourmenté en raison de l’inimitié de la diaspora gabonaise en France qui ne lui a toujours pas pardonné son élection contestée en aout 2016 et les violences post-électorales qui s’en sont suivies. Des dizaines d’opposants se sont mobilisés face à son hôtel parisien, le Georges V, pour lui crier des slogans hostiles pendant tous son séjour. Pour répondre à ses opposants, Ali Bongo aurait donc fait décaisser 200 000 euros pour que des gens viennent de toutes la France crier des slogans à sa gloire.

Des gabonais s’étaient indignés quand Ali Bongo annonça à la tribune du One Planet Summit un don de 500 000 euros en faveur de la préservation de la planète car disaient-ils un pays qui traverse une grave crise économique ne peut pas faire pareille don. Qu’en sera-t-il de ces 200 000 euros distribués à des militants dont le rôle était de faire le pied de grue devant son hôtel pendant 2 jours ?

Ci-dessous la lettre signée de 10 membres de la fédération PDG en France concernant les fonds décaissés pour l’accueil d’Ali Bongo en France :

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