Gabon : 5 jours pour préparer le dialogue politique

© Wilfried Mbinah

Le Premier ministre gabonais Emmanuel Issozet Ngondet a lancé ce 15 février les travaux du comité ad hoc paritaire chargé de préparer l’organisation du dialogue politique. Cette rencontre voulue par le président gabonais Ali Bongo aura pour but de discuter des réformes politiques nécessaires pour éviter des lendemains électoraux tumultueux.

Près d’une centaine de personnalités issues du gouvernement gabonais et des partis politiques se réunissent pendant 5 jours à Libreville pour préparer le dialogue politique. Dans le cadre du comité ad hoc paritaire chargé de préparer l’organisation du dialogue politique, ils vont définir la forme, le contenu et la durée de la future concertation politique.

La société civile, exclue des travaux préparatoires

Ainsi à l’issue des travaux, le 20 février le comité devrait avoir élaboré les termes de référence du dialogue politique. À ce stade il semble acquis que les participants au futur dialogue politique ne pourront pas être poursuivis pour les propos qu’ils tiendront pendant cette rencontre. Pour donner du contenu à ce dialogue, des voix dans l’opposition demandent déjà que les actes issus du dialogue soient contraignants.

Outre les responsables politiques de la majorité participant aux travaux du comité ad hoc, on compte notamment des figures de l’opposition comme Bruno Ben Moubamba de l’ACR, Matthieu Mboumba Nziengui de l’UPG, Pierre Claver Maganga Moussavou du PSD ou encore René Ndémézo’o Obiang de Démocratie Nouvelle. Les partis politiques de l’opposition membres de la coalition qui a soutenu Jean Ping à la dernière élection ont renouvelé leur refus de participer à ce dialogue la semaine écoulée. Au cours d’un échange avec la presse, Jean Ping qui se considère toujours comme le « président élu » a indiqué que le seul dialogue qu’il accepterait avec Ali Bongo doit porter sur les conditions de son départ de la présidence de la République.

Alors que le futur dialogue est  présenté comme inclusif, on note l’absence de représentants de la société dans le comité ad hoc qui planche sur sa préparation. La société civile semble en avoir été exclue.

Avec le dialogue politique à venir, Ali Bongo veut tourner la page de la présidentielle d’aout 2016 à l’issue de laquelle son élection a été vigoureusement contestée et son camp accusé de fraudes massives. Les travaux du dialogue se tiendront à Lambaréné (Centre du Gabon).

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