Gabon : Les employés de Shell en grève illimitée

L’épopée d’un demi-siècle qui lie la compagnie pétrolière Shell et le Gabon risque de se finir de façon regrettable. Détenue à 75% par le Groupe Royal Dutch Shell et à 25% par l’État gabonais, installé sur plusieurs sites notamment celui de Rabi Kounga et de Gamba/Ivinga, la compagnie avait atteint des pics de production avoisinant  les 220.000 barils/jour.

BAISSE DE LA PRODUCTION ET CESSION D’ACTIFS

Dès le début des années 90, la production pétrolière gabonaise a connu ses plus beaux jours. En effet, entre 1990 et 1999, le Gabon produisait en moyenne, plus de 300.000 barils par jour. Malheureusement, dès l’an 2000 la production gabonaise a commencé à baisser. Selon les chiffres produits par Total Gabon, le Gabon a produit 230.379 barils en 2015. Face à cette chute vertigineuse de la production nationale, Shell n’a pas été épargnée. Aujourd’hui, l’entreprise parvient à extraire jusqu’à 60.000 barils/jour.

Face aux difficultés, le géant pétrolier a décidé en 2016 de plier bagages en cédant ses parts d’actifs on-shore terrestres estimées à environ 700 millions de dollars. Ceci afin de financer l’acquisition du Britannique BG Group. Une démarche qui vise à investir désormais dans les activités liées à la production de pétrole en mer et à mieux consolider sa présence sur le marché du gaz naturel liquéfié.

Dès novembre 2016, des négociations ont été entamées entre Shell et ses potentiels acquéreurs suscitant des craintes chez les employés de la filiale gabonaise du groupe anglo-néerlandais. Selon les représentants syndicaux, la direction ne leur proposerait pas des plans de départ et de restructuration qui répondent aux attentes des employés.

Ceux-ci pensent que l’accord qui leur a été proposé par la direction est inacceptable en termes de compensations. Ils s’estiment profondément lésés par le départ de la compagnie et réclament de meilleurs traitements compensatoires.

GRÈVE ILLIMITÉE SANS SERVICE MINIMUM

C’est dans ce contexte que les employés ont exprimé aujourd’hui, de façon explicite leur entrée en grève illimitée sans service minimum. Le préavis de grève avait été déposé le 30 décembre 2016 par l’organisation nationale des employés du pétrole (ONEP), le puissant syndicat des pétroliers. Il expirait le 5 janvier 2017.

L’ONEP rapporte que Shell peine à trouver une porte de sortie acceptable pour ses employés ce qui a pu se lire sur les pancartes affichées par les grévistes. En effet, sur celles-ci, on pouvait lire : « la compensation du préjudice subi par les employés gabonais équivaut aux salaires annuels de 30 expatriés », ou encore « les 400 employés gabonais refusent les méthodes de voyous de Shell qui a exploité le pétrole du Gabon pendant 56 ans ».

Des termes assez tranchants qui témoignent du climat délétère qui s’est installé entre Shell Gabon et les futurs ex-employés du groupe. Après plus de 50 ans de bons et loyaux services rendus par le sol gabonais, espérons que cette compagnie saura se retirer en bonne et due forme pour que le Gabon garde un bon souvenir de celle-ci.

 

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