Gabon : un faux-pas pour Ali Bongo ?

Ferrari Bongo

Gabon Actualité – Le président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, a manqué une occasion de se faire discret. Il a été pris en photo amateur hier, jeudi 27 avril 2017, au volant d’un véhicule de marque Ferrari dans les rues de Libreville. Cette virée n’est peut-être pas vue d’un bon œil par tous les Gabonais, alors que le pays traverse une crise depuis de nombreux mois.

La photo du Chef de l’État gabonais au volant d’une voiture de sport fait débat sur les réseaux sociaux et les plateformes de messageries. Les révélations sur le parc automobile luxueux de la Présidence en 2014 en avaient déjà choqué plus d’un. Réputé pour être un féru des voitures de luxe, le président Ali Bongo aurait peut-être mieux fait d’épargner les Librevillois de ce spectacle, à une période particulièrement difficile pour le pays.

Climat social tendu

En effet, le Gabon traverse une crise sans précédent. Un Dialogue National se tient actuellement, jusqu’au 10 mai, à Libreville suite à la réélection d’Ali Bongo à la tête du pays, que l’opposition gabonaise conteste farouchement et qualifie de coup d’État électoral. Les syndicats des enseignants observent une grève illimitée et sans service minimum depuis plusieurs mois. Ils réclament de meilleures conditions de travail, la régularisation des dossiers d’intégration de nombre d’entre eux, et le paiement d’arriérés de salaires et de primes.

Plusieurs mouvements de grèves émergent de tous les côtés depuis le début de l’année (et même avant): l’organisation des employés du pétrole (ONEP), le syndicat des magistrats, et plus récemment, les agents douaniers et les agents des régies financières.

Autant de tensions qui expliquent que la balade du Chef de l’État au volant d’une voiture de plus de 300.000 euros (200 millions de FCFA) ne soit pas vue d’un bon œil.

De nouvelles taxes pour les entreprises et les particuliers

Même si le Directeur Général des Impôts, Joël Ogouma assure qu’il n’y a pas de lien entre la situation économique difficile du pays et le besoin d’élargir l’assiette fiscale, il est difficile de ne pas y voir un lien.

L’État gabonais a intégré de nouvelles dispositions fiscales dans le projet de loi de finances 2017, il s’agit de la Contribution pour la Formation Professionnelle (CFP), la Contribution Spéciale de Solidarité (CSS) et la Taxe Forfaitaire d’Habitation (TFH).

Une conséquence directe de ces nouvelles taxes, à l’exemple de la CSS, c’est la hausse des prix d’au moins 1%. Concernant la TFH, c’est directement le pouvoir d’achat des citoyens qui est impacté.
Si ces taxes sont nécessaires pour le bon fonctionnement du pays, elles sont un effort supplémentaire pour les citoyens gabonais, dont plus d’un tiers vit en dessous du seuil de pauvreté. Les Gabonais apprécieraient peut-être que celui qui est à la tête du pays donne l’exemple, pour encourager cet effort.

Des présidents qui ont donné l’exemple, ailleurs

Lorsque leurs pays ont traversé des situations financières difficiles, certains chefs d’État ont pris sur eux de donner l’exemple, en diminuant leurs salaires et/ou les dépenses de l’État.

C’est ainsi qu’en 2007, le président mauritanien Sidi Ould Cheikh Abdallahi, son Premier ministre et son gouvernement avaient renoncé au quart des leurs salaires, alors que le pays faisait face à un déficit de 100 millions de dollars.

De même, le président tunisien Moncef Marzouki, avait annoncé la baisse de son salaire de deux tiers, passant de 30 mille à 10 mille dinars, soit l’équivalent de 4500 euros. En pleine crise des finances publiques, il avait déclaré que «l’État doit être un modèle».

En France, en 2012, les salaires du Président de la République et des ministres ont été baissés de 30%, et de nombreuses mesures avaient été prises pour réduire le train de vie de l’État.

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