Gabon : un fonds national dédié au développement agricole

Une plantation de la société OLAM à Ndendé (Sud du Gabon)

C’est en fin de semaine dernière que s’est tenu à Libreville un symposium consacré à la création d’un fonds national pour le développement agricole. Les travaux préparatoires à la mise en place de ce fond organisés par le ministère de l’Agriculture ont vu la présence d’un parterre d’invités. Étaient présents des membres du gouvernement, dont le Premier ministre, des partenaires au développement et des professionnels agricoles.

Un symposium aux multiples enjeux

C’est au cours du conseil des ministres du 17 janvier dernier qu’a été prise la décision de créer un fonds national destiné au développement agricole. Le Symposium organisé par le ministère de l’Agriculture avait donc pour mission de réunir les acteurs de la filière, les opérateurs publics et privés du secteur agricole, les membres du gouvernement ainsi que la presse. L’objectif était de jeter les bases de ce projet, d’inciter les acteurs agricoles y adhérer tout en spécifiant les enjeux.

La ministre déléguée à l’Agriculture, chargée de l’Agro-industrie, Patricia Taye a tenu à rappeler dans son allocution que les travaux de ce symposium « donnent l’opportunité aux différents acteurs du secteur agricole de réfléchir, de proposer et de définir les mécanismes durables pour le financement de l’agriculture, appelé à devenir un moteur de croissance économique pour le pays ».

Quant à lui, le ministre Yves-Fernand Manfoumbi a précisé que cette séance de travail devrait permettre  « de créer les conditions pour une croissance continue du financement, une sécurisation et une utilisation efficace des ressources financières affectées au développement agricole, à travers la mise en place de ce fonds ». Avant d’ajouter  que ce fond constituerait instrument devant permettre de « créer les modalités d’une offre de services financiers intégrés et de proximité pour répondre aux besoins des acteurs des chaînes de valeur agricoles, afin d’améliorer les performances de leurs activités ou réduire leur vulnérabilité ».

L’agriculture fer-de-lance pour la diversification et la redynamisation de l’économie

Fortement affecté par la baisse du cours du pétrole, le Gabon tente aujourd’hui de miser sur l’agriculture pour réduire sa forte dépendance aux richesses de son sous-sol. Ainsi, lors du symposium sur le financement dudit  fond agricole, le Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet a-t-il soutenu que l’agriculture représente « le nouveau pétrole du Gabon ». Le gouvernement ambitionne d’augmenter la part de l’agriculture dans le PIB pour atteindre la barre des 20%. En 2013, le poids de l’agriculture dans la richesse nationale n’était que de 3% d’après  les « Perspectives économiques en Afrique » de la BAD, édition 2014.

Les ambitions des autorités gabonaises sont justifiées par le potentiel agricole du pays. En effet, le Gabon peut compter sur la densité de ses terres arables, dont la surface est estimée  à près de  5,2 millions d’hectares. Par ailleurs, son climat tropical chaud et humide est propice à l’agriculture. Tout comme ses températures, des précipitations régulières et une pluviométrie annuelle qui varie entre 1500 et 3000 mm, selon les données de la direction générale des statistiques au Gabon.

Ajouté aux conditions naturelles, le taux de chômage important chez les jeunes, autour de 30%  chez les 16-30 ans, et 20% de la population active démontre de l’existence d’une main-d’œuvre abondante.

Un fonds porteur d’espoir et d’ambitions

Ce fonds d’investissement pour le secteur agricole revêt une importance capitale, pour la réduction des importations des denrées alimentaires et l’autosuffisance alimentaire du pays qui dépense plus de 300 milliards de francs CFA par an pour importer des denrées alimentaires.

Outre la lutte pour la sécurité alimentaire, l’industrie agroalimentaire, par le biais de ce fonds d’investissement, permettrait la création de 150 000 emplois directs, selon les autorités gabonaises.

Pour le ministre de l’Agriculture, Yves-Fernand Manfoumbi, la réussite de ce projet passe par la conjugaison des efforts des banques, des établissements de crédit et de la contribution des acteurs des secteurs privé et public. Il a par ailleurs précisé qu’ « en dehors de l’accroissement et de l’optimisation des investissements publics au développement, il s’agira de stimuler l’intervention du secteur privé ».

Si les conditions de fonctionnements et les moyens d’approvisionnement de ce fond restent encore flous, les autorités gabonaises semblent nourrir de grands espoirs sur cette énième mesure consacrée au domaine agricole en espérant qu’elle ait de meilleures retombées que d’autres, qui par le passé, n’ont pas toujours tenu leurs promesses.

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