Gabon : Guido Santullo menace de faire la guerre à Ali Bongo s’il n’est pas payé

L'homme d'affaires Guido Santullo (à gauche) et le président gabonais Ali Bongo
L’homme d’affaires Guido Santullo (à gauche) et le président gabonais Ali Bongo

News Gabon – L’homme d’affaires italien Guido Santullo, le directeur de la société de BTP Sericom Gabon, s’est montré très offensif contre Ali Bongo dans une interview accordée à nos confrères d’Echos du Nord. Le dirigeant d’entreprises réclame à l’Etat gabonais le paiement d’une dette de 350 milliards FCFA sur les chantiers réalisés par son groupe. Dans cette interview, il dédouane par les anciens ministres Magloire Ngambia et Etienne Dieudonné Ngoubou des accusations  de corruption en lien avec les marchés dont il a bénéficié. A l’inverse, il accuse Ali Bongo d’avoir décidé seul de lui attribuer des marchés publics sans appel d’offres.

Guido Santullo est un homme en colère. Présenté par la presse gabonaise proche du pouvoir comme un dirigeant d’entreprises véreux qui n’hésitait pas à surfacturer outrageusement ses chantiers, l’italien s’est défendu dans une interview où Ali Bongo est régulièrement pris pour cible.

« L’argent a disparu au Gabon »

Les caisses de l’Etat gabonais sont vides et les dirigeants gabonais ne sont plus en capacité d’honorer les engagements vis-à-vis des entreprises. C’est ainsi que Guido Santullo explique les défaillances observées dans le règlement des marchés publics. Le patron de Sericom Gabon s’est indigné que le gouvernement utilise des subterfuges pour ne pas payer les entreprises.

« L’argent a disparu au Gabon. Ils n’ont plus d’argent pour me payer. Le gouvernement gabonais me doit 350 milliards de FCFA. Il trouve des prétextes pour ne pas verser mon dû. », a-t-il déclaré à nos confrères.

Poursuivant son propos Guido Santullo a énuméré les marchés publics réalisés par Sericom Gabon au cours de ces dernières années et pour lesquels il n’a pas été intégralement payé. Il s’est par ailleurs étonné que l’Etat laisse à l’abandon certains chantiers pourtant conduit à terme et dont le coût de réalisation s’élève à plusieurs milliards de FCFA.

« La route Ndendé-Mouila est terminée. Le président est allé la visiter. Elle est réceptionnée. Le terrassement et l’assainissement de la route Tchibanga-Mayumba sont terminés. Cette route a été recouverte de bitume. Il ne reste plus que 6km de goudron pour finir les 110km. Cela fait trois ans que l’école des officiers de Fougamou est terminée. Ce sont des bêtes qui habitent dedans. Pourquoi l’Etat fait-il des investissements énormes comme ça et ne les occupe pas ? » a-t-il interrogé.

Interrogé sur le rôle joué par les anciens ministres Magloire Ngambia et Etienne Dieudonné Ngoubou, aujourd’hui en prison, dans l’attribution des marchés publics à son groupe de BTP, Guido Santullo les a dédouané. Pour le Chef d’entreprise, l’attribution des marchés publics à son groupe était décidée par Ali Bongo lui-même à l’instar des travaux de remise en l’état du pont de Kango à une centaine de kilomètres de Libreville.

« Le président m’a appelé. J’étais avec ma femme et mon fils. Pendant que le président caressait la tête de mon fils, il m’a dit M. Santullo, j’ai une épine dans le pied. […] c’est le pont de Kango. Je ne dors plus. Si le pont de Kango est coupé, le Gabon est coupé de partout. Il n’y a pas une autre route. Il m’a dit Santullo, il faut vous occuper de ça sérieusement. », a-t-il déclaré.

« Ali Bongo a intérêt à me payer, sinon je le mettrai à genou »

Pendant son interview, Guido Santullo s’est dit déçu d’Ali Bongo qu’il présente comme un homme incapable de ternir parole. Le président gabonais lui aurait fait des promesses qu’il n’a jamais respectées. Il a par ailleurs moqué l’attitude d’Ali Bongo qui n’a pas hésité à utiliser les réalisations de son entreprise pour sa propagande électorale en aout 2016 alors que l’Etat rechigne à le payer.

« Il (NDLR Ali Bongo) m’a fait venir pour travailler. Mais quand il me reçoit, il me dit une chose. Le lendemain, il me dit autre chose. Alors, comment puis-je encore avoir confiance en une telle personne ? […]. Je m’entendais avec le chef de l’Etat quand il respectait sa parole. Maintenant qu’il ne tient plus sa parole, cela ne vaut plus la peine. […] Il m’a laissé finir les routes pendant la campagne. Il a fait la campagne avec mes routes. C’est sur mes routes qu’il a fait une photo où on le voit levant la main. N’a-t-il pas honte ? », s’est-il interrogé.

Pour Guido Santullo, sa société n’est pas la seule à souffrir de l’absence de règlement des travaux réalisés pour le compte de l’Etat gabonais. Des entreprises chinoises du BTP en activité dans le pays sont à l’arrêt pour les mêmes raisons.

L’homme d’affaires italien n’a pas hésité à se montrer menaçant contre Ali Bongo qu’il accuse de faire de l’escroquerie. Il s’est montré déterminé en utilisant notamment un langage martial contre le Chef de l’Etat gabonais.

« Il faut qu’Ali Bongo trouve une solution pour me payer, sinon je lui fais la guerre toute la vie ! Tous les jours, j’ai un bifteck chez moi. J’ai travaillé toute ma vie. Je suis à la retraite depuis l’âge de soixante ans. Il voulait me faire contrôler fiscalement. Pourquoi ? Je ne suis pas résident au Gabon. J’y vais dix jours par mois. J’ai ma résidence en Suisse. Je paie mes impôts en France. Je paie mes impôts en Suisse. Pourquoi devrais-je payer les impôts au Gabon ? Alors, tout ce qu’il est en train de faire c’est de l’escroquerie. Il a intérêt à me payer, sinon je le mettrai à genou ! », a-t-il averti.

La Présidence de la République gabonaise ne manquera certainement pas de réagir aux propos de Guido Santullo qui compte bien se faire payer pour les travaux qu’il dit avoir réalisé.

0 Comments on this Post

  1. Gauthier Perciano

    Very interesting…keeping the people informed about how shity is our so-called president is a good thing.

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