Gabon: les employés du secteur pétrolier s’opposent au ministre de l'Intérieur

Des employés de Maurel & Prom interpelés par les forces de sécurité
Des employés de Maurel & Prom interpelés par les forces de sécurité

Vendredi 24 février, le ministre gabonais de l’Intérieur tenait un point de presse au cours duquel il justifiait l’intervention quelque peu musclée des forces de l’ordre dans les locaux de l’entreprise pétrolière Maurel & Prom, alors que ses employés y observaient un mouvement de grève. L’ONEP (organisation nationale des employés du pétrole) s’inscrit en faux.

Le secrétaire général adjoint de l’ONEP, Sylvain Mayabi Binet, a usé de son droit de réponse pour démonter point par point les explications et justifications du ministre de l’Intérieur au sujet de l’intervention des forces de défense et de sécurité sur le champ ONAL.

Les forces de défense responsables de tous les dégâts

D’après le syndicaliste, la grève des agents de Maurel & Prom était conforme à la loi et se déroulait sans anicroche jusqu’à l’immixtion des forces de défense et de sécurité. Elle n’a eu pour impact que la mise en péril du matériel, l’arrêt de la production, et des dégâts corporels constatés par un huissier de justice, là encore en contradiction avec la version du ministre.

Le SGA soutient que contrairement à ce qu’avance le ministre, le mot d’ordre de grève a été donné après que les négociations avec Maurel & Prom aient été interrompues, la veille à 22h05, et après que le préavis de grève ait expiré, le même jour à 23h59. De même, l’outil de production n’a ni été pris en otage, ni été rendu inopérant par le personnel en grève; la production a été maintenue à un niveau minimum comme l’exigent les dispositions légales.

Le secrétaire de l’ONEP finit son propos sur une interrogation sur les motivations qui poussent le ministre de l’Intérieur à dépêcher systématiquement des agents lors des grèves sur les sites de Maurel & Prom, sites a priori hostiles aux armes à feu et aux bombes lacrymogènes, rappelle-t-il.

Le tribunal ordonne la fin de la grève

Ce même vendredi, la direction générale de Maurel & Prom a saisi le Tribunal de Port-Gentil pour statuer sur la légalité de cette grève. Les deux parties ont été auditionnées et le lendemain, le tribunal a ordonné la levée de la grève, jugée illégale. L’ONEP déplore que l’audience ait eu lieu en l’absence de leurs avocats et qu’elle n’ait pas été reportée au 3 mars. Le syndicat a aussi exprimé ses craintes sur de possibles représailles de la direction contre les grévistes.

La grève des agents de Maurel & Prom fait suite à l’introduction d’un nouvel actionnaire majoritaire dans les parts de la société. Craignant que ce chamboulement ne conduise à des licenciements, les agents réclament la prime dite de bonne séparation.
À travers une lettre circulante, la direction convie ses agents à reprendre le travail ce lundi 27 février et les rassure sur leur avenir dans l’entreprise.

La lettre stipule que l’introduction du nouvel investisseur permettra l’apport de capitaux destinés au développement de l’entreprise et à la protection des emplois.

 

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