Gabon : Réactions à la résolution de l’Union Européenne

Gabon : Réactions à la résolution de l’Union Européenne

Comme le laissaient présager les premiers commentaires d’Alain-Claude Bilie-by-Nze, le porte-parole du gouvernement gabonais, la résolution du Parlement Européen à l’encontre du Gabon et du Congo n’est pas vue d’un bon œil. Le Parti démocratique gabonais a répondu à cette résolution au travers de communiqués télévisés.
Le groupe parlementaire PDG (parti politique du président Ali Bongo), par la voix de son vice-président Luc Oyoubi, relève des incohérences dans la démarche des parlementaires européens.
Il déclare que les élections se sont déroulées normalement et se sont conclues dans la légalité, sous la supervision des institutions compétentes. Il accuse la mission d’observation de l’Union européenne (MOEUE) envoyée pour les élections présidentielles d’avoir induit en erreur les eurodéputés, qui, par leur résolution, mettent en cause l’élection d’Ali Bongo Ondimba.
Au sujet du recomptage des voix que la MOEUE reproche à la Cour Constitutionnelle de n’avoir pas fait, Luc Oyoubi déclare que dans l’application de l’article 108 du code électoral gabonais, les bulletins de vote ont été incinérés. Par conséquent, la Cour Constitutionnelle ne pouvait pas procéder au recomptage préconisé par la MOEUE. La requête des parlementaires dénote donc une méconnaissance du processus électoral au Gabon, alors qu’il leur a été expliqué. Il reproche à la MOEUE de n’avoir pas tenu compte de la législation gabonaise, et condamne leur partialité.

La MOEUE a outrepassé ses attributions

Clémence Mezui, porte-parole du PDG, condamne avec la plus forte énergie la résolution de l’UE et la mise en cause du résultat des élections sur la seule base de la MOEUE, qui a clairement été partisane. Elle rappelle que les élections sont terminées, qu’Ali Bongo a prêté serment et est le président reconnu par la communauté internationale. Elle précise que le rôle de la MOEUE se limitait à observer et faire des recommandations sur des élections futures, elle ne devrait pas aller plus loin. Elle ne manque pas d’ajouter que les états européens ne sont pas les meilleurs exemples, puisque dans leurs pays des résultats d’élections sont aussi contestés, sans que cela émeuve les pays africains.

Le PDG convie les Gabonais au dialogue

La porte-parole du Parti démocratique gabonais réitère l’invitation au dialogue du président Ali Bongo et déclare qu’il se prépare, avec le concours de l’opposition et de la société civile. Le porte-parole du gouvernement disait que 54 des 58 partis politiques recensés au Gabon sont inscrits à ce dialogue.
L’on se demande quand même si le dialogue préconisé aura de la légitimité malgré l’absence du principal opposant, Jean Ping.

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