Gabon : un référendum pour adopter le retour du scrutin à 2 tours ?

Le calendrier politique gabonais va s’accélérer au cours des prochaines semaines. Le dialogue politique initié par Ali Bongo va certainement déboucher sur une réforme de la constitution.

Ouvert à la réintroduction de la limitation des mandats présidentiels et au retour du scrutin uninominal à 2 tours, Ali Bongo souhaite voir la constitution modifiée immédiatement après le dialogue et de préférence par voie référendaire.

La constitution modifiée avant les législatives

Adopter un nouveau cadre politique et institutionnel et le mettre en œuvre avant les prochaines élections législatives, tels sont les objectifs assignés à Ali Bongo à ses collaborateurs chargés d’organiser le dialogue national inclusif.

Le dialogue national va inéluctablement déboucher sur une modification de la constitution. Les Gabonais vont vraisemblablement être rappelés aux urnes avant les élections législatives. Un référendum envisagé dans les cercles de réflexion du pouvoir et ceux de l’opposition qui a répondu favorablement au dialogue d’Ali Bongo pourrait se tenir entre mai et juin 2017.

Pour la majorité l’objectif serait de faire adopter les résolutions consensuelles (élection à 2 tours, limitation de mandat, réforme de la CENAP et de la Cour Constitutionnelle) directement par le peuple et ainsi mettre Jean Ping et sa coalition dans l’embarras. Il leur serait en effet difficile de donner une consigne de vote à un scrutin décidé dans le cadre d’une concertation qu’ils ont conspué et boycotté alors même que la réforme du mode de scrutin est l’une de leurs principales revendications.

Quant à l’opposition qui a choisi de participer au dialogue d’Ali Bongo, elle voit dans le référendum un moyen de retrouver du crédit auprès des populations qui n’ont pas toujours compris sa démarche ou son positionnement. Largement minoritaire sur la scène politique gabonaise et au parlement, cette opposition voit dans le référendum le moyen de contourner la majorité PDG au parlement. «Le référendum nous permettrait de faire adopter directement les résolutions du dialogue sans qu’elles ne soient édulcorées par le parlement totalement acquis à Ali Bongo» affirme un responsable de l’opposition.

La galaxie Ping tentée de participer aux législatives

Même si la coalition des partis et des personnalités qui soutient Jean Ping s’abstient de communiquer sa participation ou non aux législatives, le débat est ouvert en interne. De plus en plus de membres de la coalition avouent être favorables à la participation aux législatives. Guy Nzouba Ndama, l’un des membres influents de ce bloc d’opposition, est de ceux-là. L’ancien président de l’Assemblée estime que les boycotts précédents se sont avérés inefficaces et qu’il ne faut pas laisser le champ libre à Ali Bongo au parlement. Le Rassemblement Héritage & Modernité d’Alexandre Barro Chambrier n’en pense pas moins.

L’Union nationale qui a tiré toutes les conséquences de son précédent boycott est sceptique à l’idée d’adopter la même posture qu’en 2011 et Léon-Paul Ngoulakia réfléchit sérieusement à l’éventualité d’une participation aux législatives.

Les membres de la coalition ne participent pas au dialogue politique initié par Ali Bongo mais ils seront attentifs aux conclusions. Tous espèrent au moins un retour aux élections à 2 tours et à la limitation des mandats. «La question de la participation aux législatives n’est pas celle de la légitimation du pouvoir d’Ali Bongo. On ne le reconnait pas et on sait qu’il a fraudé, c’est un fait. Mais quel sens aurait le boycott des législatives si elles sont organisées à 2 tours comme on l’a toujours réclamé» s’interroge un membre de l’opposition proche de la Galaxie Ping qui a requis l’anonymat. «Nous participerons aux législatives» a-t-il conclu.

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