Gabon : séjour éclair d’Ali Bongo à Libreville pour la prestation de serment du nouveau gouvernement

Prestation de serment du gouvernement Nkoghe Bekale © Gabon Presidency

Gabon Politique (Libreville) – En convalescence au Maroc des suites d’un accident vasculaire cérébral, Ali Bongo a fait un rapide séjour en terre gabonaise afin de présider la cérémonie de prestation de serments des nouveaux ministres.

«  Aujourd’hui, comme vous pouvez le constater, je vais mieux et me prépare à vous retrouver très vite », disait Ali Bongo dans son adresse à la nation le 31 décembre. Une phrase annonçant son prochain retour à Libreville. Des propos d’ailleurs soutenus par le secrétaire général du Parti Démocratique Gabonais, Éric Dodo Boungendza qui parlait dernièrement d’un « retour imminent ». Effectivement Ali Bongo est rentré sur Libreville, sauf que ce fut l’instant d’un court séjour. Arrivé dans la capitale gabonaise lundi soir, le président a regagné Rabat ce mercredi afin d’y poursuivre sa convalescence. Un bref séjour qui avait pour but principal la réception des serments du nouveau gouvernement.

Un quasi huis clos

Après la nomination de Julien Nkoghe Bekale au poste de Premier ministre et l’annonce de la composition de son gouvernement, l’heure était inévitablement à la prestation de serment. Selon la Constitution pour entrer en fonction, le gouvernement doit prêter serment devant le chef de l’Etat. Ce dernier en convalescence au Maroc depuis plusieurs semaines, tous les regards étaient tournés vers le Palais du Bord de Mer pour plus d’information sur le lieu de ladite prestation. Des rumeurs ont rapidement fait état d’un déplacement de l’ensemble de l’équipe gouvernementale au royaume chérifien compte tenu de l’état de santé d’Ali Bongo. C’est finalement ce dernier, en personne, qui a lui-même fait le déplacement vers Libreville.

La cérémonie solennelle s’est donc déroulée ce mardi 15 janvier 2019 dans la salle d’apparat du palais présidentiel. En un peu moins d’une heure, les ministres se sont succédé devant le pupitre afin de jurer. Seule la presse officielle a pu accéder à la salle. Tous les autres journalistes assermentés ont été contraints de patienter dans une autre salle du palais, située au rez-de-chaussée. Pas de retransmission en direct. Toutefois une vidéo d’une trentaine de minutes a par la suite été diffusée sur les chaines locales.

Convalescence ou vacance ?

Ce passage éclair n’aura pas suffit à faire taire les rumeurs sur la capacité d’Ali Bongo à assurer son rôle. Au contraire, il a à nouveau alimenté le débat sur la vacance du pouvoir. En effet l’absence prolongée d’Ali Bongo fait émerger des doutes sur sa capacité à diriger le pays. Ainsi, le PLC exigeait la publication de l’état de santé d’Ali Bongo. D’autres, interpellaient Marie Madeleine Mborantsuo afin qu’elle constate la vacance du pouvoir comme le prévoit l’article 13 de la Constitution.

L’apparition d’Ali Bongo, fin décembre, montrait déjà un homme diminué. Son strabisme et son élocution difficile étaient pour beaucoup la preuve de son incapacité à assumer ses fonctions. Hier, c’est face à un Bongo en fauteuil roulant qu’ont juré les 38 ministres. Par ailleurs, le Conseil des ministres prévu le même jour à été annulé et reporté sine die. Une succession d’événements qui pour Anges Kevin Nzigou, membre du parti PLC, n’est ni plus ni moins qu’ « un nouveau coup de boutoir qui vient s’ajouter à la déjà trop longue liste des motifs qui justifierait une vacance du pouvoir ».

Au sujet de la durée de cette convalescence, nul ne sait ni ne connait sa durée.

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