Gambie : Acculé par la communauté internationale, Jammeh décrète l’état d’urgence la veille de la fin de son mandat

Le président gambien, Yahya Jammeh semble décidé à ne pas céder le pouvoir à son opposant Adama Barrow qui l’a battu lors du scrutin présidentiel de décembre dernier. Alors que son mandat prend officiellement fin ce 18 janvier, Yahya Jammeh a décidé de décréter l’état d’urgence pour une période de 3 mois. Le président élu, Adama Barrow, accueilli à Dakar (Sénégal) à l’issue du sommet Afrique-France le 14 janvier, est quant à lui décidé à prêter serment le 19 janvier et exercer le pouvoir dans la foulée.

La Cour suprême incompétente pour connaitre du contentieux, 3 ministres démissionnent

À l’approche de la fin du mandat de Yahya Jammeh, peur et confusion règnent dans les rues de Banjul la capitale gambienne. Les négociations menées par la mission de haut niveau de la Communauté économique des états d’Afrique de l’ouest (Cédéao) pour convaincre Yahya Jammeh de quitter pacifiquement le pouvoir n’ont jusqu’alors pas rencontré de succès. Malgré de multiples pressions de la communauté internationale, le président en exercice de la Gambie persiste à s’accrocher au pouvoir et la perspective d’une intervention militaire de la Cédéao n’a jamais été aussi réelle.

Quelques heures avant la déclaration de l’état d’urgence, le président de la Cour suprême du pays s’était déclaré incompétent pour connaitre du recours déposé par Yahya Jammeh ajoutant encore plus de confusion à cette crise. Au sein du gouvernement, 3 ministres ont tenu à prendre leurs distances avec Yahya Jammeh parmi lesquels la ministre des Affaires étrangères et le ministre des Finances. Ces défections isolent encore un peu plus le régime de Jammeh qui continue cependant de tenir tête à la communauté internationale.

La médiation de la dernière chance

Face à l’enlisement de la crise, le Royaume du Maroc a dépêché son ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères à Banjul pour entamer ce qui est considéré comme la médiation de la dernière chance. Nasser Bourita doit rencontrer les dirigeants gambiens pour discuter des solutions à la crise. La médiation marocaine dispose cependant de très peu de temps pour parvenir à une solution, l’échéance du 19 janvier étant dans toutes les têtes.

À ce jour, les différentes propositions faites à Jammeh pour l’emmener à quitter le pouvoir n’ont pas prospéré. Le président gambien n’a pas répondu à la proposition d’asile offerte par le parlement du Nigéria tout comme il n’a pas répondu à l’appel d’Adama Barrow qui se disait prêt à le rencontrer pour discuter directement avec lui d’une sortie de crise.

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