Gambie : Le corps de l’opposant Solo Sandeng déterré

Ebrima Sandeng dit Solo Sandeng © DakarEvent

Les autorités gambiennes ont exhumé hier, vendredi 10 mars, le corps de l’opposant Solo Sandeng, mort en 2016 sous le régime de Yayha Jammeh.

Dans un communiqué sorti jeudi, le porte-parole de la police gambienne annonçait l’exhumation du corps de Solo Sandeng. Cet opposant au régime Yammeh avait perdu la vie en 2016 dans des circonstances floues.

La disparition de Solo Sandeng avait provoqué une série de manifestations dans le pays. Participant à un mouvement de protestation Solo Sandeng était arrêté par l’Agence Nationale de Renseignement en avril 2016. En pleine campagne présidentielle, il appelait à la réforme électorale. On annonçait un peu plus tard son décès en détention.

La toute puissante milice de Jammeh

Les langues commencent à se délier suite au départ de Yahya Jammeh. En effet, c’est sur les directives et selon les témoignages d’anciens agents de l’Agence Nationale de Renseignement (NIA), que les restes de l’opposant ont pu être localisés. Le corps a été retrouvé dans le village de Tanji, à quelques kilomètres de la capitale gambienne.

Selon l’AFP, les restes d’une des figures emblématiques du Parti démocrate unifié (UDP) se trouveraient à l’hôpital Edward Francis, à Banjul. Une autopsie a été exigée afin de déterminer les causes de la mort.

La NIA était considéré comme le bras armé de Yahya Jammeh. Durant ses 22 années au pouvoir, elle aurait participé à la répression du régime contre le peuple. Un nom qui jusqu’aujourd’hui continue d’effrayer les Gambiens. C’est pourquoi Adama Barrow, fraîchement investi président a exprimé le souhait de la réformer. La NIA a laissé place au Service de Renseignement d’État.

Des arrestations, mais pas de corps

Le 23 février 2017, l’ancien directeur des opérations de la NIA, Saikou Omar Jeng et huit anciens agents de l’organisation étaient inculpés pour le meurtre de l’opposant. Parmi les accusés, Yankuba Badjie, le chef de l’agence lui-même. Ces arrestations ont eu lieu alors même que personne ne savait officiellement où se trouvait le corps de Solo Sandeng.

À l’époque du décès, Saikou Omar Jeng affirmait que sa mort était survenue « durant le processus d’arrestation et de détention », selon la BBC. Abondant dans son sens, Yahya Jammeh déclarait que les morts en prévention ne sont pas rares, et qu’il n’ouvrirait aucune enquête sur la disparition de l’intéressé.

Souvent accusé de violations des droits de l’Homme, Yahya Jammeh avait finalement accepté de quitter le pouvoir et partir en exil fin 2016. Il est fort probable que les squelettes de l’ancien président continuent de sortir des placards. Pour l’heure, cette découverte permettra sûrement de faire toute la lumière sur le décès de ce jeune leader de l’opposition gambien.

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