Gambie : Neuf accusés dont le chef des renseignements, comparaissent aujourd’hui pour le meurtre de l’opposant Solo Sandeng

L’opposant gambien Solo Sandeng décédé en avril 2016.

En ce jour s’ouvre dans la capitale gambienne, le procès de Yankuba Badjie , ancien chef des services secrets, et de huit autres agents , accusés du meurtre de l’opposant Solo Sandeng en avril 2016, alors qu’il avait été arrêté par les autorités à la suite d’une manifestation.

Ce lundi 20 mars 2017, dans les rues du Banjul, tous les regards sont rivés vers les autorités judiciaires gambiennes, avec l’ouverture du procès pour le meurtre de l’opposant Solo Sandeng. Sur le banc des accusés, neufs accusés, dont l’ancien chef de la National Intelligence Agency (NIA, Yankuba Badjie. Cet ancien responsable des services secrets est accusé de torture, intimidation, et autres crimes, et représentait, du temps de l’ancien président Yayah Jammeh , le visage de la terreur !

Pour la famille du défunt et l’opinion publique, ce procès est fortement symbolique et représente un grand pas pour la justice gambienne, qu’ils considèrent comme prise en otage au temps de Jammeh ! Fraichement élu, l’actuel président Adama Barrow avait affirmé traduire en justice tous les responsables des exactions commises durant le règne de son prédécesseur, afin que justice soit faite.

Afin que tout soit mis en œuvre pour que les responsables de l’assassinat de Solo Sandeng répondent de leurs actes, les autorités judiciaires ont dû repousser par deux fois la tenue de cette audience, afin de rassembler un plus grand nombre de preuves. En Outre d’autres actions ont été menées en parallèle, comme l’exhumation de la dépouille de l’ancien opposant le 4 mars dernier et la mise aux arrêts des suspects mis en examen pour ce meurtre , le 20 février 2017.

Au total, neuf personnes ont été interpellées et seront présentées à la haute cour de justice de Banjul à savoir Yankuba Badjie, Louis Gomez, Haruna Susso, Yusupha Jammeh, Lamin Lang Sanyang, Tamba Massireh, Lamin Darboe, Sheikh Omar Jeng et Babucarr Sallah, tous anciens officiers de la NIA.

Solo Sandeng, retour sur la mort tragique d’une énième victime du système Jammeh

Solo Sandeng était une figure majeure de l’opposition gambienne. Secrétaire du parti d’opposition United Democratic Party (Parti démocratique uni, UDP), l’homme avait pris part à une manifestation qui visait à réclamer des réformes politiques en vue de l’échéance électorale de décembre 2016. Il avait été arrêté ainsi que plusieurs autres participants à ce rassemblement le 14 avril. Séparé des autres, l’homme aurait été conduit par les membres des services secrets, considérés comme la police spéciale de l’ancien président Jammeh , vers Tanjeh, une localité du sud-ouest.

C’est dans cette localité qu’il avait trouvé la mort. À l’époque, les autorités gambiennes avaient reconnu dans un communiqué le décès de ce militant. Une autopsie soit disant réalisée l’hôpital Serekunda , aurait conclu à « une insuffisance respiratoire » causée par un choc.

Cependant quelques jours plus tard, une thèse contradictoire s’est rependue parlant non pas d’insuffisance respiratoire, mais de tortures et sévices graves qui auraient entraîné la mort de l’opposant gambien. Ousainou Darboe, autre leader de l’UDPet éternel opposant au régime de Jammeh , s’était exprimé sur « Freedom radio » dévoilant à l’opinion publique, que son jeune camarade serait mort sous les coups de gardes, qui ont eu l’indécence de l’enterré après leur forfait à Tanjeh. Dans la foulée, d’autres sources ont confirmé la thèse de la torture, en parlant même de vidéo prise par les agents de la NIA pendant leur basse besogne.

Aujourd’hui, avec l’exhumation du corps de Solo Sandeng , les autorités ont entrepris une nouvelle autopsie pour mettre en lumière les sévices reçus par le défunt juste avant sa mort. Yankuba Badjie l’ancien chef de la NIA et Sheikh Omar Jeng, chargé des opérations à la NIA sont directement dans le viseur de l’état dans cette sombre affaire.

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