Gambie : ouverture de la commission vérité réconciliation et réparations

© RFI/Claire Bargelès

Politique Gambie (APN) – La Gambie a lancé la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC) sur la dictature de Yahya Jammeh.

Après 22 ans au pouvoir, Yahya Jammeh quittait le pouvoir après l’élection de 2016  qui donnait le candidat de l’opposition, Adama Barrow, gagnant. Contraint à l’exil, il s’envolait le 21 janvier 2017 vers la Guinée Equatoriale après une intervention militaire de la Cedeao.

Durant tout son temps au pouvoir, les associations de lutte pour les droits de l’Homme n’ont cessé de dénoncer les traitements infligés aux journalistes et opposants du régime Jammeh. En effet, sous l’ancien régime les accusations de torture ou de censure étaient nombreuses. A son arrivée au pouvoir, le nouveau président gambien promettait alors la création d’une institution chargée d’établir les crimes commis sous le règne de son prédécesseur. L’année dernière déjà, une commission était chargée d’enquêter sur les biens de l’ancien président.

Libérer la parole

Hier marquait le début de la Commission vérité et réconciliation en Gambie. En matinée, les onze membres de ladite commission ont prêtés serment. Les premières auditions ont d’ailleurs démarrées peu de temps après. Aujourd’hui, le but est de faire la lumière sur les crimes commis sous la dictature de Jammeh. Présidée par l’ancien diplomate des Nations Unies Lamin Sise, la Commission aura donc deux ans pour enquêter. Deux ans pour investiguer sur une période qui démarre en 1994, date d’arrivée au pouvoir du Lieutenant Jammeh et prend fin en janvier 2017, date de son départ.

Les 11 commissaires devront donc entendre les différents récits et témoignages des Gambiens. Une occasion pour les victimes de Jammeh de libérer la parole. Nombreux sont les survivants ou familles de victime qui souhaitent raconter les horreurs commises sous l’ancien régime. Comme une forme de dialogue national, cette commission est l’opportunité pour eux de témoigner afin d’éviter de reproduire à nouveau un tel schéma.

Poursuites, sanctions et réparations

Mais il ne s’agit là en aucun cas d’un tribunal. Les sept hommes et quatre femmes de la Commission auront à l’issue de leur travail, la possibilité de recommander des poursuites. En outre, ils pourront recommander des réparations d’ordre financier ou symbolique. Toutefois, le gouvernement se veut clair, ce n’est pas « une chasse aux sorcières contre quelconque communauté ou individu ».

Au sujet d’un éventuel procès et d’une extradition de Yahya Jammeh, aucune réponse n’est pour le moment apportée. A cette question, Adama Barrow répondait en janvier qu’il attendrait les résultats des enquêtes de la TRRC. De son côté, le président équato-guinéen ne semblait pas favorable à cette option. Dans une interview à RFI, Teodoro Obiang Nguema déclarait : « Poursuivre une personne qui a pris la décision de laisser le pouvoir serait peut-être une mauvaise conception politique ».

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