Gambie : Yahya Jammeh président illégitime et non reconnu à partir du 19 janvier

Les pressions internationales contre le président gambien Yahya Jammeh se sont accentuées aujourd’hui. Appelé à céder le pouvoir par son opposition et par la Communauté économique des états d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), Yahya Jammeh ne sera plus reconnu comme le « président légitime » de la Gambie par l’Union africaine (UA) au terme de son mandat le 19 janvier.

Tolérance zéro face aux coups d’Etat

Au cours de sa réunion consacrée à la situation post-électorale en Gambie, le Conseil de sécurité et de paix de l’UA a réaffirmé sa ferme opposition aux coups d’état et aux changements inconstitutionnels de dirigeants en Afrique. C’est à ce titre que les membres du Conseil ont décidé que la fin officielle du mandat du Yahya Jammeh marquera la fin de sa reconnaissance comme président légitime de la Gambie.

Le Conseil de sécurité et de paix de l’UA a par ailleurs averti Yahya Jammeh qu’il porterait la responsabilité du  « désordre politique et [du] désastre sur le plan humanitaire et des droits de l’homme, y compris la perte de vies humaines innocentes et la destruction de biens » qui pourraient découler de cette crise.

Adama Barrow prêt à discuter directement avec Yahya Jammeh

Inquiets de l’enlisement de la crise en Gambie et de ses conséquences sur la stabilité de la sous-région ouest-africaine, les parlementaires du Nigeria ont invité le président Muhammadu Buhari à offrir l’asile politique à Yahya Jammeh sur leur sol pour trouver une issue à la crise. La présidence du Nigéria n’a pas encore répondu à cette requête mais Adama Barrow, le vainqueur de l’élection présidentielle gambienne a déclaré qu’il n’était pas nécessaire que Yahya Jammeh soit envoyé en exil. « Il peut rester en Gambie » a-t-il affirmé, se disant prêt à le rencontrer personnellement pour discuter d’une sortie honorable.

Il convient cependant de relever l’étonnante fermeté du Conseil de sécurité et de paix de l’UA qui dit aujourd’hui ne pas tolérer le maintien au pouvoir par la force mais qui est resté aphone lorsque des événements similaires se sont produits au Tchad, au Congo (où les opposants continuent d’être emprisonnés) ou plus récemment encore au Gabon. La tolérance zéro semble être à géométrie variable au sein de l’UA.

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