Ghana : 1,6 milliard de dollars en moins pour le président Nana Akufo-Addo

Nana Akufo-Addo, le président ghanéen © Sunday Alamba/AP/SIPA

À peine arrivé au pouvoir, Nana Akufo-Addo, le nouveau président ghanéen est déjà confronté à des problèmes d’ordre budgétaire. Et effet, lui et son nouveau gouvernement viennent d’hérité d’un déficit budgétaire avoisinant les 10 %. Un déficit colossal qui s’explique entre autres par d’importantes dépenses non comptabilisées dans les précédents budgets.
Du côté de la présidence et du ministère des Finances du Ghana, c’est un peu le désarroi total. Alors que les différents acteurs étatiques ghanéens préparaient le nouveau budget, les procédures de vérification et de contrôle ont permis d’identifier un chapelet de dépenses qui n’avait pas été comptabilisé par l’équipe dirigeante précédente, notamment celle du président John Dramani Mahama. Selon le gouvernement ghanéen, ces dépenses s’élèveraient à 7 milliards de Cedis (1,6 milliard de dollars US).
Mercredi 1er février dernier, Ken Ofori-Atta, le nouveau ministre des Finances ghanéennes, s’est officiellement prononcé sur la question. De ses déclarations, on y apprend que le déficit budgétaire du Ghana pourrait atteindre un nombre à deux chiffres. Selon les dernières estimations, on serait à un peu plus de 10 % du produit intérieur brut.
Bien avant la sortie de Ken Ofori-Atta, c’est Mahamudu Bawumia, vice-président ghanéen, qui avait publiquement reconnu l’existence de cet énorme trou dans le budget de l’État.
Une révélation qui vient davantage alourdir le déficit du pays qui connaît actuellement une situation économique particulièrement difficile. Le 23 janvier dernier, le FMI avait déjà tiré la sonnette d’alarme quant à l’énormité du déficit. Après actualisation, le déficit devrait atteindre les 8,4 milliards de Cédis (1,9 milliard de dollars US).
D’après les premiers éléments fournis par le ministère des Finances du Ghana, ce sont des dépenses non comptabilisées, vieilles de trois à quatre ans, qui seraient à l’origine de l’aggravation du déficit.

Une situation qui ne plaît à personne, surtout pas au FMI

Le Fonds monétaire international (FMI) surveille avec la plus haute attention la situation économique ghanéenne. En février 2015, l’État ghanéen et l’institution de Bretton Woods étaient parvenus à signer un accord pour une aide financière de 918 millions de dollars sur trois ans. Un prêt destiné à aider le Ghana à retrouver une stabilité financière.
Mauvais élève, le Ghana pourrait être privé d’une partie de ce prêt, tout comme l’a été le Mozambique en avril 2016. Ce dernier a été sanctionné pour avoir dissimulé une dette de près d’un milliard de dollars.
Pour faire face à ce déficit, Nana Akufo-Addo n’aura pas d’autre alternative que de réduire drastiquement les dépenses publiques. Maintenant, tout reste à savoir quels seront les secteurs les plus touchés par les éventuelles mesures d’austérité.
Par ailleurs, il est à noter que le président ghanéen se retrouve avec une belle épine dans le pied. En effet, dès l’entame de son mandat, il devra revoir ses ambitions à la baisse.
Lors de la campagne présidentielle, le nouveau président ghanéen s’était engagé à réduire le chômage et la pauvreté dans son pays. Pour y arriver, il avait annoncé une série de mesures destinées à soutenir plus de programmes d’aide au développement national. Il avait également annoncé la construction de plusieurs usines dans tout le pays afin de relancer l’industrie et l’agriculture ghanéenne.
Pour que le pays ne sombre pas dans la diète, Nana Akufo-Addo devra trouver le bon équilibre pour relancer l’économie. Pour se maintenir à flot, le Ghana devra sans aucun doute contenir voire réduire la masse salariale du secteur public, mais également  lancer plusieurs mesures et réformes structurelles avec l’aide du FMI. L’assainissement des finances ghanéennes sera indéniablement la clef de voûte de la réussite de Nana Akufo-Addo.

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