Ghana : face à la pollution, un ingénieur recycle les sacs plastiques et les transforme en pavés pour la construction de routes

Un ingénieur ghanéen recycle du plastique
Nelson Boateng présentant le mélange obtenu avec le plastique et le sable

(APN) – Nelson Boateng, jeune ingénieur ghanéen a eu l’idée de réutiliser les déchets plastiques. Alors que les populations se plaignent de l’inutilisation de sacs plastiques qui favorisent la pollution, il a décidé d’en faire des pavés pour la construction de routes.

Les déchets plastiques sont l’un des problèmes environnementaux en Afrique et dans le monde. On assure que d’ici 2050, il y aura plus de plastiques dans les eaux que de poissons. de nombreux pays du continent, le Rwanda et le Kenya par exemple, sont allés jusqu’à l’interdiction de sacs plastiques. Néanmoins, cette mesure peine à être appliquée et de nombreux états doivent composer avec cette configuration.

Les habitants de la capitale ghanéenne se plaignent régulièrement des déchets qui débordent des égouts et qui polluent la ville. De son côté, les déchets plastiques coûtent chers au gouvernement. Le Ghana produit 20.000 tonnes de déchets plastiques et n’en réutilise que 2 %.

Nelson Boateng, un jeune ingénieur ghanéen, a vu ce problème comme une opportunité. Il a donc décidé de créer Nelplast Ghana Ltd. en 2017. Son entreprise recycle le plastique pour en faire des pavements d’asphalte pour la construction de route.

Une opportunité pour les pays africains

Nelplast achète tout type de déchets plastiques, puis les écrase et les lave. Ensuite, ce plastique est mélangé avec du sable (70 % de plastique et 30 % de sable). Enfin, le mélange est fondu dans un moule, pressé à l’aide d’une presse hydraulique et le produit final est obtenu. Un pavé en plastique servant au revêtement des routes.

Ces pavés ont déjà été testés sur plusieurs routes de la capitale et le résultat est encourageant. Pour un coût moindre (1 dollar le pavé en plastique contre 1,50 dollar pour le pavé en béton), les pavés en plastique sont plus résistants que ceux en béton. Son créateur assure qu’ils ont une durée de vie de 500 ans.

L’asphalte produit par sa société est plus solide que celui en béton. Credits : CRISTINA ALDEHUELA / AFP

La société, en phase test, emploie 30 ouvriers permanents et 40 ouvriers occasionnels. Elle produit 200 blocs par jour à partir de 2 tonnes de matière première. Faute d’équipements, la création de pavés est encore limitée et Nelson Boateng compte recycler jusqu’à 50 % des déchets plastiques.

Dans certains pays du continent comme le Burkina Faso, le Mali et le Niger, cette technique est déjà utilisée pour fabriquer des pavés. Au Cameroun aussi, une initiative similaire a vu le jour et transforme à partir de bouteilles en plastique récupérées, des pavés trois fois plus résistants que ceux en ciment.

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