Ghana : l’ONG Human Rights Watch dénonce de nouveau les maltraitances contre les handicapés mentaux

Ghana (APN) – Après la rédaction d’un rapport en 2012 visant à interpeller le gouvernement, l’ONG Human Rights Watch voulait rendre publique les conditions de vie difficiles des handicapés mentaux au Ghana. En 2017, le gouvernement avait promis prendre des mesures nécessaires pour supprimer ces pratiques. Malheureusement aucune opération n’a été mise en place et les abus contre les personnes handicapés continuent.

Lors d’une récente déclaration, une chercheuse de l’ONG a souhaité que le gouvernement mette rapidement en application sa loi de 2012 sur la santé mentale afin de protéger toutes les personnes stigmatisées.

Les personnes atteintes d’un handicap mental sont encore exposées à des maltraitances

Au Ghana, les handicapés mentaux continuent de vivre un calvaire. En 2012, les médias dénonçaient un certain nombre d’abus à leur encontre. Ils demandaient au gouvernement d’améliorer la situation des personnes souffrant d’un handicap mental car elles sont victimes de maltraitances dans les établissements psychiatriques et les centres de guérison spirituelle.

L’ONG « Human Rights Watch » (HRW) avait reproché au gouvernement de ne pas déployer assez d’efforts pour lutter contre ce type d’abus et de ne pas assurer leur protection. Comme une peine de mort : Abus contre les personnes atteintes d’un handicap mental au Ghana* est un rapport rendu public cette année-là par HRW. Il dénonce les conditions de vie des malades mentaux au quotidien en expliquant que ces derniers vivraient en surpopulation dans l’insalubrité.

Aujourd’hui l’ONG tire encore la sonnette d’alarme. En effet, les malades mentaux continuent d’être enfermés et enchaînés dans des « camps de prière » ou des centres de guérison traditionnels. Elle rappelle au gouvernement ses promesses faites l’année dernière. Notamment celle qui consiste à faire respecter l’interdiction de ces pratiques dans le pays. Une chercheuse de l’organisation a déclaré : « nous avons visité un centre, on a trouvé 140 personnes détenues dans des pièces insalubres, peu ventilées ou l’odeur de l’urine est accablante. Des dizaines de personnes étaient enchaînées. Certains d’entre elles l’étaient depuis plus de cinq ans. L’explication du gouvernement est qu’il essaie de mettre en place la loi de 2012 sur la santé mentale mais que le progrès est très lent. Il n’y a aucune excuse pour continuer la pratique d’enchaînement car elle est archaïque et brutale. On espère que le gouvernement mette en place un système de contrôle. » 

La HRW appelle le gouvernement à procéder à la libération des handicapés mentaux et de leur assurer des soins de santé mentale et une aide au logement.

 Traduit de « Like a death sentence : abuses against persons with mental disabilities in Ghana » 

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