Ghana : un journaliste impliqué dans des révélations sur la corruption dans le milieu du football abattu par balles

Ghana Sport/Justice (Accra) – Un journaliste d’investigation ayant par ailleurs enquêté sur la corruption dans le milieu du foot ghanéen a été abattu par balles en pleine rue.

Le monde de la presse est en émoi et sous le choc. Ahmed Hussein-Suale a été assassiné alors qu’il rentrait chez lui. Journaliste d’investigation, Ahmed Hussein-Suale faisait parti de Tiger Eye Private Investigations détenu par le célèbre journaliste Anas Aremeyaw Anas. Il a notamment participé à l’exposition de la corruption dans le monde du foot au Ghana.

Aux alentours de 23 heures, dans la nuit de mercredi, des motards non identifiés ont tiré à bout portant sur l’homme alors qu’il se trouvait au volant de sa voiture. Touché deux fois à la poitrine et une fois au cou, il décède sur le coup.

Corruption en milieu footballistique

En 2018, sort le projet Number 12. Un documentaire dans lequel plusieurs journalistes s’infiltrent dans le milieu footballistique ghanéen. A la tête du projet, Anas. A l’aide de caméras cachées, et de manière anonyme, ils révèlent les dessous du monde du foot. Dirigeants et arbitres sont alors filmés en train d’accepter des pots de vin. Le scandale débouchera sur l’annulation de tous les matchs dans le pays. En outre, il entraînera la démission de Kwesi Nyantakyi, président de la fédération de football, et la suspension de pas moins de 50 arbitres.

A la suite de sa diffusion par la BBC, le reportage suscite des réactions diverses et variées. La vie des journalistes est alors menacée. Le député Kennedy Agyapong, lui, ne se cachera pas. En direct à la télévision il appelle à passer à tabac Ahmed Hussein-Suale et dévoile des photos de lui. « S’il vient ici, frappez-le ! »

 

Nana Akufo Addo s’est exprimé pour présenter ses condoléances à la famille de la victime. Le président ghanéen a par ailleurs condamné l’acte et demandé l’ouverture d’une enquête afin que la lumière soit faite sur les circonstances et le mobile de ce meurtre. De nombreux journalistes ont eux aussi regretté la mort de leur confrère et se sont exprimés sur les réseaux sociaux à travers le hashtag #JournalistIsNotaCrime (Journaliste n’est pas un crime ndlr).

Laisser un commentaire