Ghana : vers une légalisation de l’homosexualité par Nana Akufo Addo?

Nana Akufo Addo, le président du Ghana
Nana Akufo Addo, le président du Ghana

Parmi de nombreux pays d’Afrique, le Ghana figure parmi ceux qui pénalisent l’homosexualité. Cette pratique est illégale. Plusieurs personnes ont été emprisonnées, jusque-là la question de légalisation n’avait pas été évoquée. Depuis l’arrivée de Nana Akufo Addo au pouvoir, les doutes planent. Il laisse entendre que le Ghana pourrait dans le futur, légaliser l’homosexualité. N’étant pas clair sur la question, plusieurs personnes auraient affirmé ne pas être de son avis car cela va à l’encontre des valeurs socioculturelles et religieuses du pays.

Plusieurs associations dénoncent les violences contre les homosexuels. Il y a quelques années, aucun lobbying par peur des représailles. Aujourd’hui ce n’est plus le cas. Les homosexuels au Ghana se font de plus en plus entendre, la question de légalisation revient à chaque débat. Cela laisse penser que le Ghana pourrait être prêt à faire évoluer l’homosexualité.  

Une légère évolution du sujet de l’homosexualité en quelques années

En 2012 sous la présidence de John Attalis, l’homosexualité était considérée comme une pratique illégale passible d’emprisonnement. Après l’appel de l’ONU, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis à légaliser l’homosexualité le président Ghanéen avait rejeté leur requête et qu’il ne cèderait pas à la pression de la communauté internationale. « Mon pays ne va jamais faire de l’homosexualité une pratique légale » avait-il déclaré. Au Ghana, les homosexuels étaient recherchés des fois par la population, immédiatement  emprisonnés par les forces de l’ordre. Lors d’un sommet des chefs d’Etats de l’Union Africaine à Addis-Abeba en Ethiopie, l’ancien secrétaire général des Nations Unis Ban Ki-Moon avait ainsi déclaré que : « les homosexuels ne devraient pas être traités comme des citoyens de seconde classe ou des criminels ». Le président John Attalis avait le soutien de son homologue du Libéria Ellen Johnson qui avait également promis ne jamais légaliser cette pratique dans son pays.   

En 2011, le bureau national des investigations du Ghana avait lancé une enquête au sujet du taux croissant d’homosexuels plus précisément dans les régions du Centre et de l’Ouest. Plus de 8.000 homosexuels avaient été recensés par l’ONG. A partir de ce moment, la question sur les homosexuels faisait débat. Au Ghana, des centaines de jeunes de James Town la capitale traquent les homosexuels, menaçant de les expulser. Une cérémonie de mariage organisée par des homosexuels avait fait un scandale. Ce lieu de célébration avait tourné au bain de sang. Des jeunes en colère avaient fait irruption pendant la cérémonie, ont agressé les participants faisant de nombreux blessés.  Selon la loi Ghanéenne, les pratiques homosexuelles étaient illégales, la question de l’évolution de cette loi  ne se posait pas jusqu’à l’arrivée du président Nana Akufo Addo.

Le Président Nana Akufo Addo penserait-il à légaliser l’homosexualité ?

Il y’a quelques années des manifestants Ghanéens ont dénoncé la politique discriminatoire du Ghana envers les homosexuels en faisant circuler une pétition au sein du Festival Folklorama de Winnipeg, un évènement  de célébration d’arts et culture qui se tient au Canada. Des actes de contestations qui montrent  que le sujet ne semble plus être aussi tabou qu’on le pense. En décembre dernier, une incroyable déclaration du président Ghanéen actuelle laisse entendre une possible dépénalisation de l’homosexualité dans ce pays. Il avait déjà lors d’une interview à Al Jazeera déclaré que : « le Ghana n’est pas encore prêt pour légaliser », la question reste floue et n’est pas encore à l’ordre du jour rajout-il.  Néanmoins, il n’a pas dit non à une légalisation dans le futur en rappelant que : «  les réponses à certaines questions restent évolutives dans toutes les sociétés ».

Suite à ses déclarations, beaucoup lui ont reproché d’être resté vague sur la question. Ils rajoutent que l’homosexualité ne peut pas être légalisé car la pratique va à l’encontre des « enseignements socioculturels, communautaires et religieux du pays ». Quelques propositions de lois pour appeler à une protection des homosexuels ont été fortement critiquées. Les déclarations du président ont également fait réagir le Conseil chrétien qui a appelé à Nana Akufo Addo à ne pas faire évoluer la question de l’homosexualité. Le secrétaire général  du Conseil a affirmé que les déclarations du président étaient simplement des mots de soutien aux homosexuels qu’il  encourage à renforcer leur lobbying.    Le porte-parole des homosexuels, Philcollins Agbedanu-Kroger a estimé qu’il était trop tôt pour une légalisation des homosexuels car « ils ne sont pas encore prêts à assumer les conséquences ». La légalisation de la pratique devrait semble-t-il passer avant tout par un changement de mentalité, la société ghanéenne n’est pas prête pour le moment.

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