Guinée : Aux côtés de François Hollande, Alpha Condé réaffirme sa position sur l’Afrique

Guinéen Alpha Condé et François Hollande devant la presse à l’Elysée à Paris, le 11 avril 2017 / POOL/AFP.

Actualité Afrique — Le président guinéen est en visite d’État en France depuis hier, pour une durée de 48 h. L’occasion pour lui d’échanger avec son homologue français sur les relations Guinée-France, mais aussi France-Afrique.

Le président guinéen par ailleurs président en exercice de l’Union africaine a fait la semaine dernière une sortie remarquée. À Abidjan, ce dernier a exhorté ses pairs africains à « couper le cordon ombilical » avec la France. Une phrase applaudie par les panafricanistes qui estiment que la France fait dans l’ingérence avec ses anciennes colonies. Mais la visite actuelle d’Alpha Condé en France sonne pour certains comme un paradoxe. D’une part, il veut couper le cordon, mais dans le même temps il accourt en France, un oxymore d’après eux.

D’aucuns ironisaient sur les réseaux sociaux qu’Alpha Condé était venu en personne pratiquer ladite coupure. Son entretien avec Emmanuel Macron, candidat à l’élection présidentielle française, a d’ailleurs beaucoup fait parler. Dans un entretien accordé à TV5 Monde, le président guinéen s’est expliqué. Pour lui, couper le cordon ombilical signifie « être majeur dans nos [les pays francophones ndlr] rapports avec la France ». Cela n’exclut donc pas une coopération entre les différents États. Une coopération qui s’est d’ailleurs concrétisée par la signature de plusieurs accords entre la Guinée et la France, ce mardi.

« La Guinée, comme l’Union africaine, doit trouver sa propre voie »

Au cours du point de presse qui a suivi l’entretien des deux présidents, le chef d’État guinéen a encore une fois mis les choses au clair et a réaffirmé sa position. S’il est pour une autonomie de la Guinée, et des pays africains par extension, il n’entend pas rompre tout rapport avec la France. « Nous [l’Union africaine ndlr] voulons coopérer avec les autres pays, mais en tant que pays majeur », a-t-il expliqué. La finalité étant d’aboutir à des partenariats « avec des intérêts réciproques », gagnant-gagnant. Son souhait ultime ? Que « les problèmes africains soient désormais résolus par les Africains. »

Cependant, Alpha Condé n’occulte pas les problèmes de démocratie qui existent dans certains pays du continent. Mais il insiste sur l’autonomie nécessaire des pays africains pour se développer. « Qu’on nous laisse définir nos voies parce que s’il n’y a pas de stabilité, de continuité, nous ne pourrons pas nous développer. »

Un point de vue a priori partagé par François Hollande. « La France n’intervient pas pour gérer ses propres intérêts », a assuré le président français. « La France, elle est en soutien de l’Afrique parce qu’elle pense que ce continent a un grand potentiel », a-t-il continué. Mais il a aussi évoqué les « difficultés » du continent. Le lien qui unit la France, l’Europe et l’Afrique est tel que « ce qui se passe en Afrique a des conséquences en Europe ».

Alors il est dans l’intérêt de tous d’agir pour « le développement, pour la paix et pour la sécurité », explique François Hollande. Le président français affirme que par cette dernière visite d’État, il souhaitait envoyer un signal fort. « C’est la dernière visite d’État que j’organise et j’ai souhaité que ce soit pour la Guinée et pour l’Union africaine. »

 

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