Guinée-Équatoriale : Pénurie d’essence dans le riche État pétrolier

Actualité Guinée Équatoriale) — Depuis environ une semaine, l’un des pays les plus riches en pétrole d’Afrique subsaharienne manque d’essence.

Le phénomène a d’abord touché la seconde ville du pays : Bata. En effet, depuis une semaine environ les stations-service semblent être progressivement à sec dans la capitale économique. « Il n’y a pas de carburant, j’ai déjà fait une semaine sans circuler » déplore Rodrigo, chauffeur de taxi de la ville côtière.
Peu à peu, la situation a pris de l’ampleur et a touché la capitale Malabo le lundi 3 avril. De nombreuses voitures remplissent les files d’attente dans les stations-service à la recherche d’essence, tandis que d’autres viennent pour remplir des bidons, mais en vain.
Le gouvernement équato-guinéen et le principal fournisseur de carburant Total ne se sont pas prononcés sur cette situation préoccupante. Cependant, des voix s’élèvent et soupçonnent un litige entre l’État et la compagnie.
« Total réduit souvent la quantité de carburant quand l’État lui doit de l’argent » a indiqué à l’AFP Esnesto Ondo, ancien responsable technique à Total.

Le pays n’en est pas à sa première pénurie

Ce n’est pas la première fois qu’une telle situation se produit. C’était déjà le cas en 2013, 2015 et 2016. Plusieurs raisons avaient émergé :

  • On évoquait d’abord le manque de raffineries qui pouvait conduire à un retard de livraison. Ce qui expliquerait l’insuffisance des stocks.
  • Puis, on parlait d’un problème d’insolvabilité entre le gouvernement et Total. Ce qui obligerait la société française à repousser les livraisons en direction de la capitale équato-guinéenne.
  • Enfin, l’aspect politique avec le problème des « biens mal acquis » pourrait en être la raison. Cette affaire a conduit le gouvernement à rompre avec le monopole de Total qui a réduit les livraisons en direction de Malabo, la société Gepetrol ne pouvant combler ce déficit.

La Guinée-Équatoriale vit une situation paradoxale. Elle est en manque d’essence alors qu’elle est le troisième producteur de brut en Afrique Subsaharienne avec 250.000 barils par jour. Tout ceci permet de se poser la question sur le souci de la transformation des matières premières sur place

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