Guinée-Equatoriale : reprise du procès de Teodoro Obiang Nguema pour biens mal acquis

Justice Guinée Équatoriale – Le procès de Teodoro Obiang Nguema, actuel vice-président de Guinée-Équatoriale et fils du président débute ce mercredi. C’est pour une affaire de biens mal acquis qu’il se présente devant la justice française après avoir repoussé le procès de six mois. Accusé également aux États-Unis pour les mêmes raisons, il a réussi à y échapper en acceptant de céder presque 30 millions d’euros à des œuvres de charité guinéennes. La France ne lui donne pas cette alternative, il passe devant la justice expliquer ses dépenses.  

En 2014, il avait accepté la mise en examen depuis Malabo, mais avait demandé le report en janvier 2017 pour une meilleure préparation de sa défense. Une demande qui lui avait été accordée par le biais de son avocat.

Après six mois d’attente, enfin le procès

Après un report de son procès en janvier dernier, le procès du fils du président guinéen Teodoro Nguema Obiang a lieu aujourd’hui devant le tribunal correctionnel pour une affaire de biens mal acquis. Il y’a 6 mois, le tribunal lui avait accordé un délai afin de mieux préparer sa défense. Il avait d’abord refusé de comparaître devant la justice française pis avait enfin accepté sa mise en examen en 2014 par visioconférence. Il avait plusieurs fois refusé de répondre aux questions en mettant en avant son immunité diplomatique en tant que ministre de l’Agriculture.

Selon la justice française, « les faits de corruption imputés à Teodoro Obiang Nguema révèlent de sa vie privée en France, détachables de ses fonctions étatiques ». La justice française tient à poursuivre le fils du président qui a une fortune personnelle qui avoisine les 300 millions d’euros pour un salaire ministériel annuel de 80.000 euros. Soupçonné de pillage de fonds publics, il va comparaitre devant la justice cette semaine.

Un procès pour lutter contre les biens mal acquis en Afrique

C’est un procès exceptionnel, le premier qui concerne des biens mal acquis. Actuellement vice-président de Guinée-Équatoriale, il devrait être jugé aujourd’hui pour blanchiment d’abus de biens sociaux, abus de confiance, corruption et détournement de fonds. S’il perd ce procès, il pourrait encourir jusqu’à 10 ans de prison avec 50 millions d’euros d’amende. Il possède par exemple un hôtel particulier avenue Foch, des bijoux estimés à 10 millions d’euros, une collection de voitures et motos de luxe, une villa à Malibu la liste est non-exhaustive.

Il y a 10 ans Sherpa et Transparency, deux associations anticorruption ont décidé de combattre la grande corruption internationale. Ils ont constaté que plusieurs membres de l’oligarchie africaine dépensaient une fortune qui était censée revenir à leur pays en Occident. C’est pour empêcher ces pratiques qu’ils ont créé le nouveau concept juridique, celui des biens mal acquis. Ces associations anticorruption sont convaincues que ce premier procès est le début d’une longue liste qui va pousser à un changement de mentalités.

 

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