Guinée — Grèves : Alpha Condé limoge trois ministres

Alpha Conde
Alpha Conde © africatopsuccess

C’est dans un décret lu à la télévision nationale ce lundi 27 février que l’annonce a été faite. Alpha Condé a décidé de se séparer de trois ministres de son gouvernement. Ce choix fait suite aux récentes manifestations violentes dont le bilan est de sept morts et de dizaines de blessés.
Ibrahima Kourouma, ministre de l’Enseignement préuniversitaire et de l’Éducation civique, Sekou Kourouma, ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative et Christine Sagno, ministre de l’Environnement ont tous les trois été démis de leur fonction.
Les causes de cette décision n’ont pas été évoquées dans le décret. Cependant, plusieurs bruits de couloir établissent un lien entre le limogeage des deux premiers et les grèves dans le secteur de l’Éducation.
En effet, selon un haut fonctionnaire du gouvernement qui a tenu à garder l’anonymat, les grèves ont directement été la cause de la destitution de Sekou Kourouma et d’Ibrahima Kourouma.
Tous ces événements interviennent pourtant après l’accord signé la semaine dernière entre le gouvernement et les enseignants. Accord qui met fin à ladite grève.

Un accord qui fait polémique

 Plus tôt dans le mois, les enseignants sont sortis dans la rue pour s’opposer à la décision du gouvernement relative au licenciement ou à la suspension du salaire de plusieurs vacataires après le dernier concours d’entrée à la fonction publique. En guise de soutien, plusieurs élèves ont emboîté le pas aux enseignants.
 Après deux semaines de grève et d’âpres négociations, un terrain d’entente a été trouvé le 19 février entre les représentants des syndicats et le gouvernement.
Une partie des enseignants grévistes non syndiqués a été reçue par Alpha Condé. D’après leur porte-parole Bangoura Mohamed, ils auraient obtenu leur «?principal point de revendication?» qui est «?l’intégration pure et simple de tous les enseignants contractuels immatriculés, non admis au concours de recrutement?». Il a donc au préalable affirmé «?Pour nous, la grève s’arrête?».
La cérémonie de signature de l’accord a eu lieu le lundi 20 février. Le porte-parole du gouvernement Albert Damatang Camara a annoncé la réouverture des écoles le mercredi 22 février.
Seulement, les membres des syndicats affirment ne pas avoir été consultés par leurs représentants. Certains d’entre eux continuent logiquement de faire grève.

De violentes manifestations a Conakry

 Peu après l’annonce de la fin de la grève, plusieurs membres de la société civile sont descendus dans la rue. Lors d’un sitting, ils réclamaient entre autres la réouverture des écoles et la reprise des cours. Nombreux ont été interpelés.
Ajouté à cela, la banlieue de Conakry a été le théâtre de plusieurs manifestations non autorisées selon le gouvernement. Ces manifestations durant lesquelles les «?actes de violences et de vandalisme?» ont causé la mort d’au moins cinq personnes, tuées par balles pour la majorité, et une trentaine de blessés (civils et forces de l’ordre).
Le décret fait donc suite à ces nombreux événements. Billy Nankouma Doumbouya remplace Sekou Kourouma. Ibrahima Kalil devient ministre de l’Enseignement préuniversitaire et Aïssatou Baldé remplace Christine Sagno à l’environnement.

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