Guinée : « Toumba » Diakite restera finalement en prison

« Toumba » Diakite au tribunal de Dakar le 10 janvier 2017 © SEYLLOU / AFP

Actualité Guinée – Arrêté au Sénégal puis extradé vers la Guinée Conakry Toumba Diakité a vu sa demande de liberté provisoire refusée par les autorités guinéennes.

L’ancien aide de camp de Dadis Camara est entre les mains de la justice depuis le 12 mars 2017, date de son extradition. Inculpé le 14 mars, l’ancien béret-rouge est poursuivi pour pillages, viols, tortures, et meurtres entre autres. Des faits survenus en 2009, lors de ce qu’on appelle désormais le massacre du 28 septembre. Pas moins de 157 personnes opposées à la candidature de Dadis Camara avaient été massacrées dans un stade guinéen. En plus, plus d’une centaine de femmes avaient subi des sévices sexuels. Après les différents interrogatoires, les avocats du militaire avaient ensuite déposé une demande de mise en liberté provisoire. Me Paul Youmba Kourouma, son avocat estimait que « sa détention n’était plus nécessaire pour la manifestation de la vérité ».

Pas de libération en vue

La demande a finalement été rejetée. Cependant, Toumba a obtenu une faveur des autorités. En effet, le détenu a eu droit de voir sa famille, notamment son père et sa sœur. Des retrouvailles émouvantes quand on sait que le militaire n’avait plus vu les siens depuis le début de sa cavale en 2009. Sept ans durant lesquels il a perdu sa mère et l’un de ses frères.

Toutefois, il restera incarcéré à la maison centrale de Conakry. Une décision dénoncée par son avocat, qui parle de « justice à géométrie variable. » Sur la quinzaine de personnes inculpées, seul Toumba Diakité est en prison. Dadis Camara, ex-chef de la junte, exilé à Ouagadougou est libre de ses déplacements bien que persona non grata en Guinée. Aussi, d’autres hautes personnalités du régime Camara sont actuellement en liberté et exercent même de hautes fonctions dans le pays.

La justice guinéenne n’entend pas laisser l’un des personnages clés des évènements de septembre 2009 lui filer entre les doigts une deuxième fois. Pour le moment, aucune date de procès n’a été communiquée.

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