Interception de 113 millions de médicaments contrefaits en Afrique

Santé Afrique – Pendant 10 jours une opération intensément menée par l’organisation mondiale des douanes (OMD) dans 16 pays d’Afrique  a permis d’empêcher la propagation de médicaments illégaux et illicites dans le continent. Retour sur cette saisie rocambolesque qui rappelle une fois de plus que le continent africain est au cœur des trafics de tous genres.

Le bilan alarmant d’une saisie record

Depuis 2012, quatre opérations d’envergure ont permis de saisir près de 869 millions de produits pharmaceutiques contrefaits d’une valeur globale de 400 millions d’euros soit environ 263 milliards de francs CFA.

Du 5 au 14 septembre 2016, une opération musclée baptisée « ACIM », menée dans 16 ports maritimes par l’OMD en collaboration avec l’Institut international de recherche anti-contrefaçon (IRACM),  a permis de main la main sur environ 113 millions de médicaments contrefaits, dont 248.000 produits vétérinaires. Ce n’est que le 20 janvier dernier que cette opération, pilotée par Ana Hinojosa, directrice du contrôle de l’OMD, a été révélée  au public. Selon les premières informations fournies, ce sont 243 conteneurs qui ont été passés au crible pour saisir la marchandise contrefaite.

Parmi les médicaments trouvés lors de cette importante saisie, des antipaludéens ont été recensés en grande partie (26,63%), des anti-inflammatoires (25,50%), mais également des antibiotiques (15,07%) et des analgésiques (13,05%), qui sont tombés entre les mains des hommes de l’OMD. L’enquête minutieuse a permis de découvrir que ce sont la Chine  et l’Inde, les principaux fournisseurs de ces produits de la mort.

En effet, sur les conteneurs inspectés, 75% provenaient de l’Inde et 25% restants, de la Chine. Selon l’ambassadeur de France et président du conseil d’administration de l’IRACM, un tel trafic représente l’équivalent de 10% du marché mondial de la pharmacie.

La majorité de ces produits se présentent sous la forme de médicaments inventés pour tromper la vigilance des contrôleurs, car n’ayant aucune existence sur le marché légal. Par ailleurs, il est à noter que ces produits sont mal empaquetés pour une bonne conservation.

Des conséquences désastreuses pour le continent

 La falsification de médicaments est un véritable danger causant la mort de milliers de personnes en Afrique. En avril 2015, plus d’un millier de patients ont été atteints d’intoxication médicamenteuse au diazépam en Ouganda et en République démocratique du Congo (RDC). Suite à des symptômes anormaux de raideurs de la nuque et de contractions musculaires involontaires (dystonies), plusieurs personnes ont été hospitalisées. Toujours en RDC, plus de 1000 patients (dont une majorité d’enfants) ont été internés suite à la prise de médicaments falsifiés ou mal étiquetés. Onze personnes sont mortes.

Une multiplication de ce type d’action permettrait une réduction considérable de la contrefaçon dans le continent, mais également de réduire les risques. La difficulté pour l’OMD reste les finances, car l’analyse d’un comprimé coûte en moyenne 5 euros soit environ 3.300 francs CFA. De plus, aucun des pays de la sous-région n’a la volonté de dépenser 26 millions de francs CFA pour l’achat d’équipements pour tester les médicaments au pied des conteneurs.

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  1. Pauvre Afrique…tous les maux y passent

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