Interview : « les populations se désintéressent davantage des politiciens » – Nagella Mendo Mba candidate au 5e arr. de Libreville

Nagella Mendo Mba candidate à la marie du 5e arrondissement de Libreville.
Nagella Mendo Mba candidate à la marie du 5e arrondissement de Libreville.

 

Déjà membre de plusieurs associations à but social, Nagella Mendo Mba, 31 ans, a choisi de faire ses premiers pas en politique en conduisant une liste aux municipales dans le 5e arrondissement de Libreville. Femme engagée et obstinément tournée vers l’avenir, elle prône le renouveau au sein de l’arrondissement dont elle est originaire et mise sur le dynamisme des jeunes pour réussir son engagement citoyen.

Porte-étendard d’une vision avant-gardiste, Nagella Mendo Mba est parvenue à coaliser plusieurs jeunes de l’arrondissement autour du mouvement « Les Populistes » qui souhaite redorer l’image du 5e arrondissement. Déterminée, ambitieuse et pleine de convictions, Nagella Mendo Mba croit en un avenir meilleur et espère insuffler un nouveau dynamisme dans sa circonscription où elle brigue la mairie.

Après avoir suivi toutes ses études secondaires au collègue Bessieux de Libreville où elle obtient son baccalauréat B, elle s’envole pour le Sénégal. 5 ans plus tard, elle décroche son Master II en marketing et communication à l’Institut International de Management de Dakar. De retour au Gabon, elle trouve rapidement sa place dans le privé et continue de militer au sein de diverses associations.

Nagella Mendo Mba, vous conduisez une liste aux municipales dans le 5e arrondissement de Libreville, qu’est-ce qui a motivé la naissance du mouvement « Les Populistes » que vous menez ?

Tout d’abord, j’ai eu à me questionner sur la distance qui caractérise les relations entre les dirigeants et les populations du 5e arrondissement dont ces dernières se plaignent. Pour les populations, elles sont toujours seules et livrées à elles-mêmes. Je me suis donc dit que si l’on en arrive là, c’est certainement parce qu’il manque au sein de la collectivité locale une représentativité populaire réelle et légitime. Nous avons alors procédé à un éveil de conscience du peuple en lui demandant de s’engager lui-même au lieu que ça soit encore un quelconque parti politique qui choisisse des candidats. Le peuple nous a donc recommandé des hommes et des femmes déterminées aux profils divers, résidents du 5e arrondissement, prêts à s’engager pour améliorer le bien-être des populations.

Quelles sont les grandes lignes de l’offre politique que vous soumettez aux populations du 5e arrondissement et comment comptez-vous mettre en œuvre votre programme de campagne ?

Les lignes générales de l’offre politique sont clairement définies dans notre slogan. Nous voulons premièrement une mairie de proximité excelle dans l’assistance directe des populations afin de les accompagner de manière efficace sur différents plans tels qu’intellectuels, procédural, judiciaire et toutes autres opportunités qui pourront se présenter.

L’objectif est que les populations puissent avoir un représentant au sein de la mairie, attaché aux questions de la cité qui pourra les recevoir et répondre aux préoccupations les plus pressantes des populations. Mettre en avant l’offre de proximité qui est d’abord un accompagnement technique et physique avant tout accompagnement financier qui dépend plus de la mairie centrale de la commune de Libreville. À cause de cette réalité-là, il est important d’entretenir un discours de vérité envers les populations.

La liste conduite par « Les Populistes » a le mérite d’être jeune. Sauf que la majorité de vos colistiers font leurs premiers pas sur la scène politique et sont peu connus des populations. Est-ce un handicap vis-à-vis de vos adversaires déjà bien implantés ?

Je ne pense qu’être jeune n’est pas un défaut. Au contraire, c’est une qualité en termes de dynamisme et de créativité. Maintenant face au contexte politique, lorsque nous essayons de peser le pour ou le contre, nous avons plus d’avantages que d’inconvénients.

À ce jour, nous avons fait le constat que les populations du 5e arrondissement se désintéressent davantage des politiciens aguerris du fait qu’ils soient comptables de la situation d’isolation dont elles sont victimes.

Avoir de nouveaux visages est donc un point positif d’autant plus que ces jeunes ont été choisis par les populations elles-mêmes de par leur appartenance à l’arrondissement, de par leur engagement à la vie de la cité, de par leurs qualités humaines et non pour leur âge ou leur nombre d’années de militantisme.

 Donc nous ne pensons pas que notre liste soit handicapée par rapport à certaines listes. Par cette liste nous aurons une mairie revitalisée, rajeunie, dynamique et créative. Nous sommes convaincus que ce souffle nouveau se fera ressentir sur le terrain et les populations pourront enfin bénéficier d’un mieux-être.

Quelle vision portez-vous sur l’implication des jeunes en politique ?

En ce qui concerne les jeunes que ça soit politiquement ou socialement, c’est une très bonne chose de pouvoir confier aux jeunes instruits et responsables la gestion de la chose publique.

À l’heure des nouvelles technologies, les jeunes sont plus dynamiques, ont plus de créativité et d’imagination. Maintenant il y a le débat entre le Jeune simplement dit et le Bon Jeune proprement dit ; car dans notre pays il y a des jeunes qui manquent de facultés intellectuelles et humaines pour assumer certains postes de responsabilités et qui malheureusement au nom de la régénération de la classe politique y accèdent quand même.

Nous disons non ! Chez « Les Populistes », nous ne regardons pas qui tu es, mais ce que tu es capable de faire. Voilà un état d’esprit que nous partageons et que nous véhiculons afin de constituer une nouvelle élite de jeune gabonais qui s’affirme positivement.

À l’instar des autres arrondissements de la capitale, le 5e arrondissement n’est pas le mieux loti en matière d’urbanisation, d’infrastructures routières et d’unités de collecte des déchets. Si vous accédez à la tête de la mairie, comment espérez-vous résorber ces problèmes ?

Je ne suis pas totalement d’accord avec votre question. Nous avons quand même la zone Industrielle d’Oloumi avec tout ce qu’elle regorge comme infrastructures. Nous avons également des voiries qui sont mieux viabilisées par rapport à d’autres arrondissements. En gros, nous ne sommes ni les premiers ; ni les derniers en matière d’urbanisation, mais nous souhaitons prendre cela positivement en nous disant qu’il y’a un potentiel énorme dans notre arrondissement que nous utiliserons efficacement afin de rendre le quotidien des populations meilleur.

En ce qui concerne l’insalubrité, nous faisons face à un problème national. Au niveau de notre arrondissement, il se pose plutôt un problème environnemental lié à la présence de la décharge publique situé au quartier Mindoubé. Est-ce qu’elle doit continuer à rester ici ?

Certes la décharge est pourvoyeuse d’emplois et génératrice de revenus, mais elle constitue tout de même un danger de santé publique pour les populations environnantes. À cet effet nous devons à notre niveau, développer plus amplement la question afin de défendre auprès de la mairie de la commune de Libreville un projet qui rendra le mécanisme de financement de la collète on ne peut plus stable. Promettre que nous allons balayer les routes ou ramasser les ordures nous-mêmes sera une fois de plus ne pas dire la vérité aux Gabonais.

Propos recueillis par la rédaction d’Africapostnews.

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