Le Kenya interdit la diffusion et la distribution de son premier film diffusé à Cannes pour "incitation à l’homosexualité"

 

Wanuri Kahiu, réalisatrice du film « Rafiki »

(APN) – Alors qu’un film kenyan devait être diffusé à Cannes pour la première fois, le Comité national de classification des films (KFCB) du Kenya vient d’interdire sa diffusion et distribution dans tout le pays pour « incitation à l’homosexualité ».

« Rafiki » qui signifie « ami » en Swahili est un long-métrage réalisé par Wanuri Kahui. Il raconte une histoire d’amitié et d’amour entre deux adolescentes homosexuelles. Un amour qui grandira malgré les pressions sociales et politiques.

Alors qu’il sera diffusé à Cannes en mai, le Comité national de classification des films kenyan, le KFCB vient de censurer le film. Sa diffusion et sa distribution sont donc prohibées sur l’ensemble du territoire.

Selon le Comité, le film incite à l’homosexualité et va à l’encontre de la Constitution et des valeurs kenyanes. En plus de l’interdiction de diffusion et de distribution, le KFCB a ajouté que la possession du film sera considérée comme un acte hors-la-loi.

L’homosexualité, jugée contre nature au Kenya

Ezechiel Mutua, directeur du KFCB qui présentait Wanuri Kahiu comme l’une des réalisatrices les plus talentueuses du pays explique désormais son choix de censure:

« Le Kenya est un pays avec une culture, des croyances et des valeurs qui doivent être respectées » a-t-il déclaré dans un document officiel.

Selon le KFCB, « Rafiki » a été censuré car le film contenait des scènes homosexuelles qui n’étaient pas indiquées dans le script initialement reçu par le comité pour approbation.

Le comité aurait alors contacté le directeur après avoir vu lesdites scènes dans la version finale afin que ces dernières soient retirées, mais le directeur s’y est opposé.

Le KFCB a ajouté dans son document officiel que les investisseurs étrangers qui tentent d’introduire et banaliser l’homosexualité au Kenya à travers des films devraient tout de suite cesser ce genre d’actions.

« Les manigances farfelues mises en place par les étrangers finançant les réalisateurs kenyans dans le but de promouvoir l’homosexualité au nom de l’égalité seront exposées et feront face à une forte résistance » peut-on lire dans ledit document.

Pour sa part, la réalisatrice du film Wanuri Kahiu a exprimé sa déception sur Twitter:
« Je pense que les Kenyans sont assez matures et avertis pour visionner ce film mais on leur a retiré leur droit ».

Il faut rappeler que « les rapports sexuels contre nature » sont aujourd’hui punis par le code pénal kenyan qui prévoit jusqu’à 14 ans de prison pour les personnes qui en sont jugées coupables.

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