Kenya : Le sexe comme monnaie d’échange électorale

Depuis le 16 janvier 2017, a commencé au Kenya, la dernière phase d’enrôlement pour les élections générales à venir. A partir de cette date, et pendant un mois, les citoyens kényans qui remplissent toutes les conditions pour voter, sont invités à s’inscrire sur les listes électorales en vue des élections présidentielles et législatives qui auront lieu en aout 2017. Sur l’initiative de Mishi Mboko, membre de l’opposition, les femmes sont invitées à faire la grève du sexe pour inciter leurs maris à retirer leurs cartes d’électeur.

Grève du sexe pour que 2017 ne soit pas 2013

Le dernier scrutin de 2013, a donné vainqueur Uhuru Kenyatta, malgré la contestation introduite auprès de la Cour Suprême de son adversaire, Raila Odinga, qui remettait en cause les résultats et l’accusait notamment de bourrage d’urnes. Cette fois-ci, l’opposition entend mettre toutes les chances de son côté pour gagner ces élections. D’abord il y a la stratégie de la coalition d’opposition qui entend présenter un front uni de l’opposition afin de peser plus lourd dans la balance face au président sortant. Cependant, la députée Mishi Mboko, a compris que la victoire appartient à celui qui aura su mobiliser les foules. Pour se faire, elle compte sur les femmes.

Ce lundi, dès l’ouverture de la campagne d’inscription, cette dernière a lancé un appel à la grève du sexe. Le principe est très simple : qui n’est pas inscrit sur la liste électorale n’a pas de sexe. Et pour pouvoir débloquer le passage qui mène au lit de madame, il faut bien entendu ramener une preuve matérielle de l’inscription : la carte d’électeur.

Le boycott par le sexe, efficace ou pas ?

Il semblerait que cette méthode ne soit pas une invention de Mme Mboko. En effet, ce n’est pas la première fois qu’une telle méthode de chantage est utilisée, encore moins au Kenya. En 2009, elle a été pratiquée dans ce pays, pour régler un conflit politique. La « semaine d’abstinence » fut couronnée de succès, mais en réalité, il est très difficile d’établir des statistiques sur la réussite ou non de ce moyen de protestation. C’est une chose de retirer sa carte d’électeur, s’en est une autre de se déplacer dans le bureau de vote pour effectivement accomplir son geste civique le jour J.

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