[Libre propos] L’Africain et l’alcool aujourd’hui : pour quelles conséquences ?

Les Africains consomment de grandes quantités d'alcools industriels et traditionnels
Les Africains consomment de grandes quantités d’alcools industriels et traditionnels | Crédits Photo : Getty images
Source: nextafrique.com

Les hommes consomment l’alcool depuis des siècles, qu’ils soient africains ou non, mariés ou célibataires, travailleurs ou chômeurs, certains un peu plus que d’autres. D’ailleurs, il y a une quarantaine d’années en arrière, dans les villes et villages africains, il était difficile de croiser une femme ou un enfant tenant dans sa main un verre d’alcool. Les choses étaient faites et codées de sorte de freiner l’ampleur de ce phénomène on ne peut plus inquiétant. Dans la vie quotidienne, on pouvait croiser un alcoolique hystérique, un homme fort bourré, ou un groupe d’hommes saluant majestueusement Bacchus. Et généralement, ce sont les mêmes consommateurs, reconnus par tous d’incarner l’image de l’alcoolisme dans la société. Quelques femmes pouvaient aussi discrètement « lever le coude » (se bourrer), mais avec un minimum de pudeur. Car, une femme bourrée est a priori une femme irresponsable. Cette situation s’explique par le caractère coercitif des traditions et des religions dans la vie de la majorité des Africains.

Or, de nos jours, l’alcool est devenu un phénomène social sérieux, un critère de bien — être aux conséquences nuisibles, voire mortelles, n’épargnant que ceux qui y résistent radicalement.

Production et vente d’alcool en Afrique

En Afrique, sociologiquement, l’alcool est produit par deux secteurs : le formel avec sa production industrielle et l’informel pour sa production artisanale. En effet, le formel regroupe tous les producteurs reconnus par l’État dans leur travail de production et de commerce de boissons alcoolisées.  En revanche, il y a aussi l’informel, c’est – à – dire l’ensemble des activités légales de production artisanale qui échappent à la législation en vigueur. Si les sociétés de brasseries du Cameroun (SABC), du Gabon (SOBRAGA) ou du Congo (BRASCO) voient leurs chiffres d’affaires sans cesse grandissants, c’est surtout parce que les consommateurs sont de plus en plus nombreux, parce que jeunes, parce qu’ayant un pouvoir d’achat. L’alcool de ces grandes sociétés envahit l’espace public et privé en toutes circonstances. Dans les villes africaines subsahariennes, les bars poussent comme de champignons. La grande et la petite distribution sont opérationnelles à tout moment. D’ailleurs, il est de notoriété publique que ces grandes sociétés ne tombent jamais en faillite.

Cette abondance d’alcool crée finalement un univers où « l’abus » et « avec modération » ne préoccupent plus personne. En se référant à la consommation moyenne par habitant, l’Afrique se place en tête devant l’Europe et l’Asie.

Le site Think Afrika Prinss rapporte que selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), « l’Afrique concentre de forts taux de consommation excessive » d’alcool. Tout le monde s’en donne à cœurs joie, et les conséquences sont plus qu’alarmantes.

Les conséquences de l’alcoolisme sur l’Africain

Avant d’énumérer les conséquences de l’alcoolisme en Afrique, il faudra souligner quelques causes de ce phénomène. À la question : pourquoi boit — on ? Les avis varient. Mais il y a des invariants dans cette variation. En effet, d’abord on boit par plaisir. Autrement, comme dirait Roger descendant de Bacchus de Yaoundé : « L’alcoolisme est une preuve d’amour de l’alcool. On l’aime à mourir ». À force de boire, à force d’aimer boire, on repousse les limites de l’abus en s’asseyant sur la modération. Ensuite, on boit pour noyer les soucis. On a un problème avec ses parents ou avec sa femme/son homme, on préfère s’enivrer d’alcool au lieu de résoudre le problème. Les jeunes sont à fond là-dedans, filles comme garçons. Et enfin, on boit par suivisme, parce qu’on n’a rien à faire, on fait comme les amis. On retrouve plusieurs chômeurs dans cas de figure. Pris d’oisiveté, tenaillé par l’ennui, on finit les soirées dans l’alcool, en attendant le jour suivant.

Alors de prime abord l’alcoolisme conduit à l’irresponsabilité. Ayant perdu la lucidité, passant le clair de son temps ivre, la réalité file entre les doigts avec son lot de responsabilités. On perd confiance en soi à force de décevoir l’entourage. La suite logique, on devient violent et impatient. On n’a plus de temps pour raisonner ni du temps pour quoi que ce soit. On s’enferme dans sa bulle et on se croit au-dessus de tout le monde. Aussi devient – on indifférent à soi et aux autres. On perd la valeur de la vie, des personnes et des choses. Enfin, l’abus d’alcool altère le cerveau, les facultés intellectuelles et le corps. Et par conséquent, s’installent l’échec, les maladies, voire la mort.

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