Le président soudanais Omar el-Béchir défie la CPI en se rendant en Russie en août

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Omar el-Béchir, le président soudanais ira en Russie en août prochain © CNN

News Soudan – Une fois de plus, Omar el-Béchir, le président soudanais, défie la Cour pénale internationale (CPI)… Notamment en se rendant en Russie en août prochain. Un voyage qui s’effectue à l’invitation du président russe Vladimir Poutine a-t-on appris de source officielle.

 « Le président Béchir se rendra en Russie durant la seconde quinzaine d’août suite à l’invitation du président Vladimir Poutine » a annoncé Ibrahim Ghandour, le chef de la diplomatie soudanaise, au travers d’un communiqué.

La visite qui interviendra à la seconde quinzaine d’août permettra aux deux pays de raffermir davantage leurs liens diplomatiques, mais également dans les domaines de l’économie, du commerce et de la politique. Le ministre des Affaires étrangères soudanais a tenu à rappeler que la Russie est un soutien majeur de son pays. Notamment au sein du Conseil de sécurité de l’ONU et d’autres organisations internationales.

Cette visite pour le moins inattendue est un appel fort que lance Omar el-Béchir à l’endroit du président américain Donald Trump. En effet, le 12 juillet prochain, le chef de l’État américain doit se prononcer sur une éventuelle levée des sanctions qui pèsent sur le Soudan. En se rapprochant de Moscou, Khartoum accentue davantage la pression sur Washington. Donald Trump est prévenu, avec ou sans la levée des sanctions, le Soudan a désormais un allié de taille…

Omar el-Béchir, l’homme que la CPI n’arrive pas à arrêter

Poursuivi par la CPI pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis durant la guerre du Darfour, le président soudanais est sous le coup de deux mandats d’arrêt internationaux. L’un a été émis le 4 mars 2009 et l’autre le 12 juillet 2010.

Pour ainsi dire, à chaque fois qu’il franchit les frontières de son pays, Omar el-Béchir risque de se faire arrêter. Du moins en théorie… En se rendant en Russie, Omar el-Béchir n’a absolument rien à craindre. En effet, la Russie a signé le statut de Rome sans pour autant le ratifier. Et on voit mal Vladimir Poutine passer les menottes à l’un de ses principaux alliés en Afrique.

Coutumier des faits, Omar el-Béchir n’a en réalité que faire du mandat d’arrêt qui pèse sur sa personne. À condition toutefois qu’il se rende dans un “ pays ami ” en ayant l’assurance totale de ne pas être arrêté. Depuis l’émission des deux mandats, le président soudanais a pu se rendre en Chine, au Qatar, au Tchad, en Libye, à Djibouti, en Égypte, au Kenya sans être inquiété.

On se souvient encore de la brouille entre les autorités sud-africaines et la CPI au sujet de la visite d’Omar el-Béchir à Johannesburg. En effet, le président soudanais s’y était rendu à la mi-juin 2015 dans le cadre du 45e sommet des chefs d’État de l’Union africaine. La Haye avait alors reproché à Prétoria de ne pas l’avoir arrêté alors qu’il se trouvait sur son sol.

 

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