Pour le leader de Boko Haram, le Cameroun n’a pas libéré 5.000 otages

Abubakar Shekau, chef du groupe djihadiste Boko Haram.

Le ministre camerounais de la Communication Issa Tchiroma Bakary annonçait le 14 mars la libération de 5.000 otages des mains de Boko Haram. Seulement, cette version est contestée par un homme prétendant être le leader de l’organisation islamiste.

Un homme en cagoule prétendant être Abubakar Shekau, leader de la secte islamiste Boko Haram est apparu dans une vidéo postée vendredi. Dans celle-ci, il affirme que les 5000 otages détenus par l’organisation n’ont pas été libérés.

Cette version des faits s’oppose à ce que le ministre camerounais de la Communication annonçait mercredi devant la presse. En effet, selon lui, les troupes camerounaises et nigérianes ont, suite aux raids lancés dans les monts Mandara, libéré lesdits otages.

Celui qui revendique être Abubakar Shekau s’est adressé directement au Président camerounais. « Vous mentez quand vous dites que vous avez tué 60 de nos hommes et que vous avez libéré 20 enfants et 5000 personnes, Paul Biya » a-t-il dit dans cette vidéo postée sur les réseaux sociaux.

Après la pression des forces gouvernementales, Boko Haram refuse de céder

C’est pourtant ce qui a été annoncé plusieurs fois par les autorités nigérianes. « Je crois que la guerre est finie », avait lancé le gouverneur de l’état de Borno. De plus, la reconquête de la forêt de Sambissa, l’une des dernières bases de repli de Boko Haram confortait les autorités dans cette idée.

Cependant depuis 2017, la riposte s’organise et s’intensifie du côté de l’organisation terroriste. On dénombre une quinzaine d’attaques dans l’état de Borno, plus particulièrement dans la ville de Maiduguri.  Elles sont pour la plupart des attentats à la bombe visant les populations civiles. Aussi, des raids sur les axes routiers et dans certains villages sont à enregistrer.

La dispersion des membres de Boko Haram a emmené le groupe à changer leur modus operandi. Désormais, ils utilisent des hommes et surtout des femmes portant des engins explosifs pour frapper certains endroits. On assiste à de nombreux attentats-suicides, ce qui rend leurs attaques imprévisibles.

Le gouverneur de l’État de Borno voit en ce changement un signe de faiblesse : « Il y a deux ans, Maiduguri était sur le point de tomber aux mains de Boko Haram. Vous n’auriez pas osé aller à 15 km de Maiduguri, sinon vous étiez dans le territoire de Boko Haram. Maintenant, ils n’ont plus la capacité de contrôler des territoires au Nigeria. Ils lancent des attentats-suicide. C’est un signe de faiblesse ».

 

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