L’ex-épouse du président Jacob Zuma sera-t-elle la future présidente des Sud-africains ?

Politique Afrique du Sud – Le Congrès National Africain (African National Congress ou ANC en anglais), est le parti politique qui dirige le pays depuis 1994 avec l’accès à la présidence de Nelson Mandela, en Afrique du Sud.

Jacob Zuma, actuel Président, dirige l’Afrique du Sud et l’ANC depuis mai 2009, vit ses derniers moments au pouvoir, son deuxième et dernier mandat présidentiel s’achevant en 2019. Décembre 2017 marque les élections du nouveau président du parti, un nouveau visage sera donc à la tête de l’ANC, un chef de parti qui deviendra probablement le futur président de la République sud-africaine.

LA COURSE À LA PRÉSIDENCE DE L’ANC

Seuls quatre candidats à ce jour sont pressentis pour ce poste, il s’agit de Nkosazana Dlamini-Zuma, Zweli Mkhize, Cyril Ramaphosa et Baleka Mbete.

Nkosazana Dlamini-Zuma est la présidente sortante de la commission de l’Union Africaine (UA), elle est surtout connue pour avoir été l’épouse de l’actuel président sud-africain. Âgée de 67 ans, elle rejoint l’ANC alors qu’elle est encore étudiante.

Diplômée de médecine, c’est au Swaziland qu’elle fait la rencontre de Jacob Zuma et devint sa troisième épouse. Elle intègre ensuite le gouvernement en 1994 en tant que ministre de la Santé (1994-1999) puis celui des Affaires Étrangères (1999-2009) et finalement celui de l’Intérieur (2009-2012). Nkosazana Dlamini-Zuma s’installe ensuite à Addis Abeba en 2012, où elle prend la tête pendant cinq ans de la présidence de la commission de l’UA.

Parmi les candidats, nous avons également le médecin de 60 ans proche du président actuel, Zweli Mkhize. Il prend sa carte de l’ANC en 1991 après son exil au Swaziland puis au Zimbabwe. Devenu membre du gouvernement en 2009, il devient trésorier de l’ANC en 2012. Il pense aujourd’hui être celui qui est le plus digne pour succéder à Jacob Zuma.

Dans cette course à la présidence, nous comptons aussi Cyril Ramaphosa, avocat de 64 ans ancien militant anti-apartheid aux côtés de Nelson Mandela. En 1994, il participe aux négociations qui permettent les premières élections libres du pays. Il se présente en 1999 à la présidence du parti, mais sort perdant devant Thabo Mbeki. Il est néanmoins élu vice-président en 2014. Son principal soutien est le congrès des syndicats sud-africains (Cosatu).

La deuxième figure féminine est l’ancienne députée et présidente du parlement Baleka Mbete qui a rejoint l’équipe en 1991 en prenant la tête de la Ligue des femmes de l’ANC. Ancienne exilée, elle est présidente du Parlement de 2004 à 2008. Puis vice-présidente de l’Afrique du Sud pendant un an.

Bien que tous ces candidats soient pressentis pour le poste de la présidence de l’ANC, Nkosazana Dlamini-Zuma en est la favorite.

D’EX-ÉPOUSE DE CHEF D’ÉTAT À PRÉSIDENTE DE LA RÉPUBLIQUE ? 

De par son expérience en tant que présidente de la commission de l’Union Africaine, de ministre, mais également d’ancienne épouse de Jacob Zuma, Nkosazana Dlamini-Zuma est la candidate privilégiée de cette élection.

Elle bénéficie du soutien sans faille de la puissante Ligue des femmes du Congrès national africain qui a déclaré que « Nkosazana Dlamini-Zuma est prête pour diriger l’ANC en 2017 et la République d’Afrique du Sud en tant que présidente à compter de 2019. » Lors d’un congrès du parti, les femmes du mouvement ont ajouté : « Nous, la Ligue des femmes de l’ANC, appelons l’ANC à élire sa première femme présidente en décembre 2017 ». 

Lors d’une interview accordée à plusieurs radios du groupe audiovisuel public SABC (South Africa Broadcasting Corporation), le président Jacob Zuma a déclaré : « Il n’y a plus de discussion au sein de l’ANC pour savoir si une femme peut ou non occuper un poste à hautes responsabilités. » Il a également affirmé lors d’une interview donnée à une radio publique que Nkosazana Dlamini-Zuma avait les compétences pour diriger l’Afrique du Sud.

Ces différentes prises de position ont divisé le parti qui connaissait déjà des difficultés. Depuis plusieurs années le parti semble divisé entre ceux qui soutiennent le président actuel donc la candidature de son ex épouse, et les réformistes qui préfèrent l’actuel vice-président Cyril Ramaphosa qui représente pour eux une alternance idéologique. Certains pensent que le président actuel veut influencer les élections en choisissant un pro-Zuma afin de lui éviter des éventuels problèmes avec la justice car soupçonné de corruption par ses collaborateurs.

Cette élection qui fait couler beaucoup d’encre est décisive, car l’Afrique du Sud pourrait en 2019, pour la première fois voir à sa tête une femme. Malgré un bilan mitigé à la tête de la commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma n’a pas su selon ses collaborateurs, mobiliser et rassembler. Elle n’aurait pas su apporter les notions de combat, de vision et de liberté qui font la réputation du pays de Nelson Mandela. Elle reste néanmoins pour plusieurs Sud-Africains une femme d’initiative, une battante au sein de son parti politique, qui pourrait diriger le pays avec succès.

 

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