L'exploitation des enfants, un mal toujours pas éradiqué en Afrique

Le travail des enfants un fléau bien présent en Afrique © Les Echos du Faso

En Afrique, le travail des enfants est encore d’actualité en 2017. Malgré l’article 4 de la Déclaration universelle des droits de l’homme qui interdit l’esclavage, trop d’enfants sont encore exploités illégalement.

Les raisons qui poussent certains enfants à travailler sont multiples .La majorité travaille dans le but de nourrir leurs familles. Ils sont de plus en plus nombreux à être forcés de travailler. Parmi eux, on y trouve des Mulezi (petites bonnes en République Démocratique du Congo), des Zabaleen (Chiffonniers du Caire) ou encore des enfants dans les exploitations de cacao en Côte d’Ivoire.

L’Afrique reste aujourd’hui le continent le plus touché par le travail des enfants. Cette exploitation illégale aurait plusieurs causes. La pauvreté serait la première raison. Mais l’accès insuffisant à l’éducation, la migration des adultes dans les capitales, le manque de main-d’œuvre sont d’autres raisons qui favorisent cette entrée précoce sur le marché du travail.

Les Droits des enfants encore bafoués en Afrique

Le travail des enfants est illégal selon l’article 4 de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme de 1948. Elle déclare que « Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude. L’esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes les formes ». En Afrique malheureusement cette interdiction n’est pas respectée. Dans le monde, plus de 38 millions de personnes sont considérées comme victimes d’esclavage, parmi ces personnes nous comptons les enfants. L’âge minimum légal d’admission au travail ne devrait pas être inférieur à 15 ans. En Afrique, des enfants sont encore victimes de travail forcé. Le travail forcé inclut l’esclavage, le recrutement d’enfants dans des conflits armés, la prostitution, la pornographie, etc. En Afrique subsaharienne un enfant sur cinq se voit contraint de travailler.

Selon un rapport du Bureau international du travail, l’Organisation internationale du travail (OIT) estime que plus de 59 millions d’enfants sont victimes de travail contre leur gré. En Afrique Subsaharienne, 48 millions d’enfants de 5 à 17 ans sont contraints de travailler. L’OIT déclare que c’est en Afrique que l’on compte le plus grand nombre d’enfants actifs. Le bilan est affolant, car plus de 41 % d’enfants travaillent, plus de 30 % entre 10 et 14 ans sont dans le secteur agricole.

Une enquête de l’UNICEF sur des enfants âgés de 5 à 11 ans a montré que plus de 25 % exerçaient des tâches ménagères forcées et rémunérées au sein des foyers. Selon l’ONU, plus de 1, 2 millions d’enfants sont victimes de la traite (commerce et transport d’enfants soumis à l’esclavage), dont un million , des filles en majorité, sont obligés de se prostituer. Plus de 28 millions d’enfants travaillent dans des secteurs dangereux.

Le travail des enfants en quelques chiffres

Bon nombre des pays africains ne sont pas épargnés en ce qui concerne l’exploitation des enfants. Le Bureau international du travail dans une étude détaille des chiffres d’estimation. En Tanzanie, 4 600 enfants travailleraient dans des petites industries extractives, des enfants de huit ans seraient actifs dans les zones minières de plus de 30 mètres de profondeur et cela durant huit heures par jour. Au Rwanda, plus de 400 000 enfants travailleraient. Parmi eux, 60 000 sont employés de maison. Par ailleurs, 40 % de jeunes rwandaises seraient orphelines et 94 % vivraient dans des conditions extrêmes de pauvreté.

Selon le gouvernement zambien, 595 000 enfants travaillent dont 58 % sont des adolescents de 14 ans pour la plupart . Au Zimbabwe, 5 millions d’enfants entre 5 et 17 ans sont contraints de travailler. Pendant la saison de récolte du café, plus de 30 % de Kényans sont des enfants âgés de moins de 15 ans. Le nombre d’enfants travaillant comme domestique au Maroc est estimé à 50 000.

En Afrique de l’Ouest, c’est dans l’exploitation du cacao que l’on trouve plus de jeunes. En Côte d’Ivoire, par exemple, ils seraient entre 300.000 et un million de jeunes travaillant illégalement dans ce secteur. Néanmoins, le constat fait par l’UNICEF est que ces jeunes ne sont pas souvent d’origine ivoirienne. La plupart viendraient des pays voisins tels que le Mali, le Burkina Faso, le Togo, le Bénin, etc. Selon un article publié par Public eye, les causes principales de la traite des enfants seraient le nombre insuffisant de travailleurs agricoles, la pression sur les prix, la corruption, la tradition de migration saisonnière de la main-d’œuvre et la conception socioculturelle du travail pour les Africains. En Afrique, plus de 120 000 enfants de moins de 18 ans sont contraints de devenir soit soldats, messagers, ou aides militaires.

Des mesures de protection plus radicales pourraient être prises par les gouvernements

Les milieux politiques ont tendance à quelque peu négliger l’exploitation des enfants. Il semblerait que beaucoup ne mesurent pas la gravité du phénomène. Les gouvernements pourraient faire respecter la loi de protection des enfants ou punir ceux qui les exploitent. Tout de même, certains gouvernements essayent tant bien que mal de prendre des mesures pour empêcher toute forme d’exploitation illégale sur les enfants. En revanche, les gouvernements d’Afrique de l’Ouest n’arrivent toujours pas à empêcher les trafics des enfants bien qu’ils mettent en place plusieurs stratégies. Le 11 mars par exemple, 17 jeunes togolais ont été interceptés sur les côtes gabonaises puis rapatriés et le dernier souffrant de rougeole rejoindra le Togo un peu plus tard. À cet effet, depuis quelques années les autorités maritimes des pays côtiers travaillent en collaboration pour supprimer ces exploitations d’enfants.

Des dispositifs devraient être mis en place. Des actions à entreprendre pourraient ainsi permettre d’identifier les moyens de prévention des risques d’exploitation des enfants. Les acteurs légitimes devraient travailler en collaboration pour la protection des enfants. Ces acteurs pourraient être divisés en équipes et seraient ainsi impliqués dans la lutte contre l’exploitation des enfants. Une partie serait dédiée à la saisie d’exploitants, puis les autres à l’accompagnement, la prise en charge, le suivi des enfants. Il est également important que le gouvernement renforce les institutions liées à la protection de l’enfant. Parmi ces différents acteurs, nous avons par exemple les structures de protection de l’enfance, le service d’immigration, les forces de sécurités, les familles, etc.

 

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