Libération de plus de cent prisonniers soudanais par les rebelles

Des prisonniers soudanais libérés
Des prisonniers soudanais libérés © lunion.fr

Le 5 mars 2017, une centaine de prisonniers de guerre a foulé le sol de Khartoum, la capitale du Soudan, après avoir été retenue par les rebelles de la branche Nord du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM-N) pendant une durée variant, selon les cas, entre 6 mois et plus de 7 ans.
Les autorités soudanaises avaient manifesté leur contentement dimanche dernier, faisant référence à la libération de 127 prisonniers, dont 18 civils, rendue possible grâce au support logistique du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) qui évoque dans son communiqué, le rapatriement de seulement 125 personnes. Le CICR précise que cette opération a été «faite suite à une demande des autorités de Kampala, de Khartoum et de Juba et du SPLM-N».
Il semble en effet, que la médiation conduite par l’Ouganda ayant donné lieu à des rencontres entre les présidents Oweri Museveni et Omar el-Béchir ait été à l’origine de ce geste que le SPLM-N considère comme étant à visée humanitaire. Selon les informations publiées par l’Agence France Presse (AFP), le secrétaire général du SPLM-N, Yasir Arman, a indiqué que la libération des prisonniers était un geste pour «amener du bonheur à leurs familles». Cette affirmation peut toutefois soulever quelques interrogations quant à la réalité des engagements qui auraient été pris durant les négociations.
Cette question résonne tout particulièrement à la lumière des dires d’un des prisonniers qui affirme n’avoir subi aucun mauvais traitement durant sa captivité. Si cela se révèle être le cas, ça confirmerait au moins en partie le fait que ces prisonniers aient été retenus pour des raisons stratégiques. Peur-on aller plus loin et envisager qu’ils étaient gardés pour servir de monnaie d’échange?

À quel prix a été obtenue cette libération?

Nous ne disposons malheureusement pas, à ce jour, d’informations quant aux conditions qui ont été posées par les rebelles en contrepartie de la libération des prisonniers soudanais.
Le conflit entre les rebelles du Nord qui se considèrent marginalisés par le gouvernement et les autorités de Khartoum durent depuis 2011 et les pertes aussi bien humaines que matérielles ne cessent de s’accumuler. Comme souvent malheureusement, en Afrique, on retrouve, au cœur de ces luttes intranationales, un conflit ethnique, ente les groupes minoritaires et le régime dominé par les Arabes. C’est dans ce contexte que des militaires soudanais ont été fait prisonniers de guerre dans les États du Kordofan-Sud et du Nil Bleu.
Malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le mois de juin 2016, les combats ont repris fin février au Kordofan-Sud, il est donc difficile de comprendre la logique dans laquelle s’inscrit cette soudaine main tendue. Seul le temps nous révèlera, quel fut le prix de cette libération de masse.
L’une des premières retombées se profile d’ores et déjà. Au-delà des félicitations et remerciements mérités adressés aux autorités ougandaises par le gouvernement soudanais, notamment en la personne de Mohamed Saied Hassan, haut cadre du Ministère des Affaires étrangères, il semble que cet épisode de l’histoire Ougando-Soudanaise soit le début d’un nouveau chapitre, car selon Khartoum, cela «ouvre la voie à plus de coopération entre nos deux pays».

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